mardi 12 mai 2020

Porte-avions

Imaginons un endroit complètement isolé du reste du monde, mais un endroit de suffisamment petite taille pour que toutes les personnes qui y sont soient forcément en contact de façon plus ou moins régulière. Introduisons dans ce monde clos un virus pour en étudier sa propagation et sa mortalité et laissons mijoter quelques temps. Tout chercheur rêverait de pouvoir faire ce genre d'expérience, mais ce n'est pas possible, pour des raisons éthiques évidentes.

Cependant la réalité dépasse parfois nos rêves les plus fous et fait parfois ses expériences sans nous demander notre avis ou tenir compte de notre sens de la déontologie. Cette expérience elle a eu lieu et elle a défrayé la chronique au début de la pandémie. C'est l'histoire du porte-avions Charles de Gaulle qui a été contaminé par le virus à la mode ces jours-ci. Des centaines de personnes entassées les unes sur les autres et soumises à un virus mortel dans un endroit clos, la logique voudrait qu'ils soient tous morts si on croit la dangerosité médiatisée de ce virus. Pourtant ça n'a pas été le cas.

En fait, je me disais en déambulant dans les rues de Montmartre pendant mon heure de sortie quotidienne auto-autorisée que je n'avais pas entendu dans les médias que des marins seraient morts suite à cette contamination. Pourtant il est évident que si ça avait été le cas, l'événement aurait forcément été médiatisé. Ça m'a interrogé. Aussitôt rentré chez moi, j'ai fouillé sur internet pour essayer de trouver des réponses.

Ce que j'ai trouvé était assez édifiant. D'abord j'ai trouvé qu'ils n'avaient pas tous été contaminés. Dans un espace aussi restreint, où les gens vivent vraiment les uns sur les autres, dorment ensemble, mangent ensemble, respirent le même air recyclé, utilisent les mêmes espaces sanitaires, se côtoient nuit et jour, jour et nuit, tous n'ont pas été contaminés. L'étude épidémiologique a même trouvé qu'il n'y avait pas eu une seule contamination initiale, mais au moins trois souches différentes. Pourtant tous n'ont pas été contaminés. Ils sont restés ensemble pendant des semaines en mer, le virus a eu tout le loisir de se propager, mais tous n'ont pas été contaminés, alors qu'aucune mesure de protection n'a été prise sur le bateau. Du coup ça décrédibilise tout de même beaucoup l'énorme contagiosité avec laquelle les média nous bassinent en permanence. Sur grosso modo 1500 personnes, seules 60 à 70% auraient été contaminées.

La suite est encore plus édifiante. On penserait que tous ces gens contaminés auraient été hospitalisés dès leur arrivée à terre, vu la dangerosité affichée du virus; et bien non. La majorité est tranquillement rentrée chez elle comme si de rien n'était. Sur le millier de marins contaminés, seules 20 à 30 personnes auraient été hospitalisées. Cette maladie qui paralyse le monde entier et enferme les gens chez eux apparemment dans la grande majorité des cas ne nécessite même pas un petit séjour à l'hôpital. C'est fou non?

A ce jour, aucune des personnes contaminées sur ce porte-avions n'est morte. Du coup on se pose quand même des questions. Comment est-ce possible? Et si c'est possible, comment peut-on justifier cette terreur mondiale pour une maladie qui tue si peu? Comment peut-on même en accepter la réalité? Je ne comprends pas.

mardi 5 mai 2020

On meurt!

Ce que semble avoir découvert les gens pendant cette crise du coronavirus, c'est que les gens meurent. Oui, personne ne s'en doutait avant, mais les gens meurent. C'est flippant tout de même, non? Tous les jours on nous décompte le nombre de morts qui ont été emportés par ce coronavirus du moment, et tous les jours les gens tremblent d'effroi et s'émeuvent que des gens meurent. Dans d'autres circonstances, on pourrait trouver ça risible.

Je l'ai déjà écrit mais je vais me répéter: en France il meurt grosso modo tous les ans en moyenne 600 000 personnes, soit 50 000 par mois ou 1600 par jour. Jusqu'à présent je n'ai jamais entendu qui que ce soit s'alarmer que 1600 personnes meurent tous les jours. Alors pourquoi toute cette psychose aujourd'hui quand on nous annonce qu'une, deux ou trois centaines de personnes sont mortes du coronavirus? Qu'est-ce que ça a d'extra ordinaire en dehors du fait qu'on publicise ces morts? Et pourquoi publiciser ces morts plutôt que d'autres? On ne meurt plus d'autre chose? La manipulation pour semer l'effroi est grossière (je précise avant qu'on ne me saute dessus que je ne suis pas en train de dire que ces morts n'existent pas).

Ce qui semble avoir également choqué les gens, c'est le nombre de morts dans les Ehpad; plus de la moitié des morts ont eu lieu dans ces espaces de fin de vie. Mais est-ce vraiment une surprise de trouver plus de morts dans un endroit où on regroupe des gens qui sont dans les dernières années de leur vie? Il faut tout de même se remémorer qu'on ne va pas dans un Ehpad quand on est en pleine santé, ce ne sont pas des colonies de vacances, on en ressort rarement sur ses deux jambes. Les gens n'aiment pas qu'on utilise le terme de mouroir, mais ce sont tout de même des endroits où on finit un jour ou l'autre à mourir. Mourir dans un Ehpad n'a rien d'anormal ni de surprenant, c'est le cours normal des choses.

On n'a voulu nous émouvoir, on m'a attaqué pour mon cynisme quand je dis qu'à partir d'un certain âge il n'est pas anormal de mourir. Mais est-ce que les gens connaissent l'espérance de vie en France? A en entendre certains, tout le monde arriverait facilement à avoir la centaine d'années... En France l'espérance de vie actuelle est de 82 ans. Je vous laisse chercher qu'elle est l'âge moyen des gens qui meurent du coronavirus.

A ce jour je ne comprends pas en quoi cette maladie est un tel danger. Elle tue à 60% des gens qui ont plus de 80 ans (je rappelle que l'espérance de vie est à 82 ans chez nous), elle n'est absolument pas une menace, pas plus que n'importe quelle autre maladie. Au final je crois que les gens ont surtout un gros problème avec la mort. Ils font comme si elle n'existait pas et il suffit qu'on leur rappelle qu'elle existe pour qu'ils deviennent hystériques. Nous allons tous mourir un jour, ne l'oublions pas, mourir est une chose normale. Nous avons tous les jours autour de nous des gens qui naissent et meurent, ne pas en être conscient est assez curieux.

mardi 28 avril 2020

Les bienfaits du confinement

L'avantage du confinement, c'est que vous pouvez manger n'importe quoi. Non seulement vous pouvez, mais en plus votre corps, soumis au stress, vous le demande. C'est la nourriture refuge, la nourriture plaisir, on ne mange pas pour se nourrir mais pour se rassurer. Du coup on ne mange pas des aliments nutritifs, des fruits et légumes, mais des aliments qui nous rassurent, qui répondent à nos addictions aux sucres et à la malbouffe. En général les victimes de grignotage compulsif ne mangent pas des bâtonnets de carotte ou des bouts de pommes. Les pénuries de farine observées dans certains supermarchés sont assez explicites, on mange des produits bourratifs qui n'apportent aucun éléments nutritifs. On n'a pas observé de pénuries de fruits ou de légumes. Evidemment, il n'y a rien de bénéfique dans cette alimentation.

Un des autres avantages de ce confinement, c'est qu'on peut boire tout ce qu'on veut comme alcool, et apparemment les gens ne s'en privent pas. Besoin d'évasion, besoin d'oublier une réalité mortifère qu'on nous assène par tous les moyens possibles, ce serait presque compréhensible. Evidemment, tout le monde sait qu'une consommation excessive d'alcool n'apporte rien de bénéfique à notre organisme.

Un autre avantage encore, c'est qu'il n'est plus nécessaire d'acheter des crèmes protectrices pour lutter contre les effets néfastes du soleil puisque vous ne sortez pas. Bien sûr vous savez que l'exposition au soleil est tout simplement vitale pour que votre métabolisme fonctionne correctement mais peu importe. Après tout, si votre corps s'affaiblit et que vous devenez faible et dépressif, ce n'est pas grave comparé à la possibilité d'être exposé au méchant virus.

Plus besoin de faire du sport, personne ne verra votre corps qui s'élargit jour après jour. Vos muscles fondent, votre graisse s'étend, peu importe. Après tout, vous pouvez passer votre journée au lit sans rien faire, ce serait dommage de ne pas en profiter. Bien sûr c'est néfaste au bon fonctionnement de votre corps, bien sûr ça fait baisser vos défenses immunitaires, mais peu importe, vous êtes à l'abri au chaud dans votre lit.

En plus c'est super, vous pouvez maintenant passer votre temps à jouer avec votre smartphone ou votre ordinateur, vous pouvez regarder des films toute la journée, vous pouvez compenser votre manque d'exposition au soleil par une exposition à cette superbe lumière bleue qui détruit vos cycles internes. D'ailleurs on s'en fout des cycles, qu'il fasse jour ou nuit c'est idem pour regarder un film ou jouer en ligne. Votre exposition aux ondes et au wifi n'a jamais été aussi intense et continue? Et alors, vous n'êtes pas un poulet dans un micro-ondes, vous êtes plus fort que ça.

En fait, si on y regarde bien, le confinement c'est le meilleur moyen pour faire baisser le système immunitaire des gens, pour les affaiblir. Sédentarité forcée, on perd du muscle, on prend du poids, on ne canalise plus ses émotions (les violences intra-familiales sont en explosion), on déprime (la consommation d’anxiolytiques elle aussi est en explosion, parfois les gens vont jusqu'au suicide). En plus on a un gouvernement qui utilise tous les moyens possibles pour instaurer un véritable climat de peur, de guerre. On décompte les morts au jour le jour, on te rappelle que tu peux être contaminé dès que tu mets le pied dehors, et même sans mettre le pied dehors si tu croises quelqu'un qui vient de l'extérieur, la psychose absolue. Avec un régime pareil, même les personnes en excellente santé peuvent faire une crise cardiaque en deux temps trois mouvements. Bref, on te donne tous les moyens de mourir sans même être atteint par le méchant virus.

On sait aujourd'hui qu'on est face à un virus qui ne tue que peu et que des gens déjà affaiblis par d'autres maladies (facteurs de co-morbidité qu'ils disent) et la seule chose qu'on nous propose c'est de faire baisser volontairement notre système immunitaire. Restez devant la télé, mangez de la junk food, prenez dix kilos, et vous serez prêt pour aller à la morgue, même pas besoin d'un méchant virus. Et en plus, vous êtes tellement de plus en plus faible qu'il vaut mieux rester chez vous, parce que vous serez de moins en moins capable de vous défendre contre le moindre rhume (la deuxième vague qu'on nous prépare?).

Pourquoi? On aurait pu choisir de nous faire un décompte des gens qui ont été touchés par ce virus et qui n'en sont pas morts, ils sont très très nombreux. On aurait pu choisir de compter les gens qui ont été hospitalisés et qui sont sortis de l'hôpital sur leurs deux jambes et pas entre quatre planches. Pourquoi ce décompte morbide? Pourquoi cet acharnement à créer un climat mortifère et une atmosphère délétère? Je ne comprends pas. Et je préfère ne pas comprendre, les théories du complot sont assez nombreuses à courir un peu partout. Mais surtout, ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi majoritairement la population accepte des mensonges aussi grossiers sans réagir, accepte d'être enfermée et immobilisée en donnant son consentement. Ça vraiment je n'arrive pas à le comprendre.

mardi 21 avril 2020

Prison à vie?

Un jour, sans trop savoir pourquoi, on nous annoncé du soir au lendemain qu'on serait confiné, emprisonné à domicile. Les gens ont accepté, personne n'a protesté. Les quarantaines précédemment observées étaient de deux semaines, rien d'insurmontable. Curieusement, cinq semaines plus tard, nous sommes toujours enfermés. Comment peut-on comprendre un enfermement si long pour une maladie dont le temps d'incubation ne dépasse pas les quinze jours?

On ne comprend pas. Comment une maladie qui se propage de personne à personne, qui nécessite un contact direct, peut-elle être aussi présente si longtemps après alors que les gens sont enfermés? Ou alors, peut-être n'est-elle pas si présente que ça, il semblerait que la partie de la population ayant été exposée au virus soit finalement ridiculement faible. 

Pourtant l'état a laissé le virus se propager tranquillement, autorisant des déplacements au départ des zones sensibles vers des zones vierges de tout virus. L'annonce du confinement a été accompagnée d'une ruée vers les gares, une grand partie de la population trouvant que c'était le moment idéal pour se promener. Et puis, puisqu'on confine toutes les régions sans discrimination, même celles qui n'ont pas vu un seul malade, pourquoi ne pas propager le virus un peu partout? On peut sérieusement se questionner sur la façon dont ce confinement a été mis en place.

Et on se questionne aujourd'hui sur la façon dont on va en sortir. On se rend compte que le gouvernement n'en a encore aucune idée. Il n'y a pas eu assez de malades pour développer une soit-disant immunité collective nous disent les autoproclamés scientifiques. Doit-on laisser les gens sous cloche jusqu'à l'arrivée du traitement salvateur? Le vaccin n'est pas possible de façon immédiate; d'ailleurs est-il vraiment l'unique solution? On n'a pas de traitement nous dit-on. Mais a t-on besoin d'un traitement pour une maladie qui se soigne simplement par du repos? On se demande...

En attendant des gens se retrouvent au chômage, à la rue, ont faim, et on se demande vraiment ce qui peut légitimer cela. On nous parle de masques obligatoires, de distanciation sociale, et on se demande à quoi peut bien servir la distanciation si on a tous un masque sur le visage. On pense que ce virus qui a tant de mal à se répandre va nous sauter dessus à travers nos masques? On serait en train de regarder un film, on trouverait le scénario faiblichon et invraisemblable. Mais ce n'est pas un film. Et des gens trouvent ce scénario crédible. Pour moi ce confinement n'a aucune légitimité à être prolongé, il n'a déjà que trop duré. On ne peut pas enfermer les gens à la moindre alerte supposée.

mardi 14 avril 2020

Prisonnier

Tout a commencé un vendredi 13. C’était le vendredi 13 mars, il y a un mois. Je travaillais de chez moi comme tous les vendredis. En fin d’après-midi un collègue m’a téléphoné pour me dire qu’on était en télétravail jusqu’à fin mai et que le site serait fermé dès lundi. Je n’ai même pas eu la possibilité de repasser par le bureau. Evidemment nous étions sous le choc, ça nous semblait démesuré, incompréhensible. A l’époque la vie était encore à peu près normale, seul l’enseignement avait été fermé pour quinze jours, les restaurants, les musées, les piscines, les cinémas, tout était encore ouvert. Le jour même j’avais été à la salle de sport pour une séance de Body Pump. Je ne savais pas que c’était la dernière fois avant longtemps. Un mois plus tard, je suis emprisonné chez moi et je dois faire une attestation à chaque fois que je veux mettre le pied dehors.

Si on nous avait dit il y a un mois qu’on serait tous enfermés chez nous pour une durée indéterminée et qu’on devrait avoir une permission datée et signée pour sortir s’aérer, personne ne l’aurait cru. Si on nous avait dit qu’il faudrait faire la queue devant les magasins à distance les uns des autres pour aller faire nos achats alimentaires, on aurait éclaté de rire tellement c’était invraisemblable. Pourtant on en est là. C’était tellement énorme que les gens ont été muets de sidération et ont tout accepté sans broncher. On leur a dit qu’un ennemi invisible pouvait les tuer dès qu’ils mettaient le nez dehors et ils y ont cru. A ce jour je ne comprends pas comment c’est arrivé, comment une telle crédulité pouvait être possible. Soyons factuels, ce virus ne tue qu’une infime partie des gens qu’il atteint.

A un moment je me suis dit que c’était peut-être moi qui n’appréhendais pas correctement la gravité de la situation. Alors j’ai cherché des chiffres, des faits, du vrai. J’ai été regardé les statistiques de l’INSEE, qui me semblent être une bonne source en terme de fiabilité. J’ai regardé le taux de mortalité moyen en France, le nombre de morts qu’il y avait en temps normal. Les gens ne se rendent peut-être pas compte, mais des gens meurent tous les jours, toutes les vies ont une fin. Et surtout les gens n’ont aucun chiffre à mettre en face de cette mortalité habituelle. Est-ce pour cela qu’ils sont choqués par un décompte de 500 morts quotidien alors qu’il en meurt en temps normal trois fois plus?

En France il meurt grosso modo tous les ans en moyenne 600 000 personnes, soit 50 000 par mois ou 1600 par jour. Pendant toutes les années passées je n'ai jamais entendu personne se lamenter sur les réseaux sociaux que 1600 personnes meurent tous les jours. Curieusement aujourd'hui c'est un choc largement partagé. Ce choc est-il rationnel?

mardi 7 avril 2020

Auto attestation

Trois semaines. Trois semaines que chaque fois que je veux sortir je dois prendre une feuille de papier et un stylo pour me donner moi-même l’autorisation de sortir. Peut-on inventer quelque chose de plus absurde ? Trois semaines que je dois certifier quand je sors acheter de quoi me nourrir que je fais bien des "déplacements brefs pour effectuer des achats de première nécessité". Qui a pondu cette ignominie?

Je ne comprends pas la finalité de cette pseudo attestation. Pour moi c'est plus un outil de pression qu’un objet de confinement, un outil qui permet aux forces de l'ordre de te contrôler sans raison et de façon totalement arbitraire. Ça participe de la même ignominie que les contrôles d'identité tout aussi arbitraires. Comme par hasard, ce n’est pas dans les beaux quartiers de Paris qu’on fait des contrôles, on préfère les banlieues ou on peut s'en donner à cœur joie en toute impunité. Ces contrôles sont juste des outils de discrimination et ne devraient pas exister dans un état démocratique. Ou on contrôle tout le monde, ou on ne contrôle personne.

Mais il est vrai que nous ne sommes pas en démocratie actuellement. C'est officiel, nous sommes en état d'urgence pour raison sanitaire. L'état gouverne par décret sans demander l'avis de personne et en profite largement, comme le montre cette attestation de sortie pondue en hâte en une nuit. Où sont les garde-fous qui protègent les citoyens?

Nous sommes dans une parenthèse non démocratique, et les forces de l'ordre en profite. On demande son attestation à l'un et pas l'autre, on s'autorise à regarder tes achats pour vérifier qu'ils sont bien des achats de première nécessité, on te demande ton ticket de caisse pour bien vérifier que tu n'es pas dehors depuis trop longtemps, tout ça dans la plus grande illégalité et sans aucune nécessité sanitaire. On a quand même vu un hélicoptère arrêter des personnes qui se promenaient en montagne sans présenter de danger médical pour personne, on a vu des drones surveiller que tu ne t'égarais pas seul sur une plage déserte, on a vu des forces de l'ordre patrouiller en pleine nature au cas où quelqu'un ne s'y serait pas égaré.

Pour quelle utilité? Dans quel but? A part vouloir terroriser les gens, ça n'a aucune utilité. On nous habitue juste à oublier que nous vivons normalement dans une démocratie et que nous avons des droits, droits qui sont régulièrement rognés crise après crise. Ça fait combien de temps en France qu'on est en état d'urgence et qu'on a des patrouilles armées qui se promènent dans nos rues?

Franchement, si on avait vraiment voulu faire un confinement efficace, on aurait enfermé tout le monde pendant trois semaines sans aucune sortie, l'armée aurait eu la charge de nous ravitailler en rations alimentaires, et ça n'aurait pas durer plus longtemps que ces trois semaines. Mais non, on a préféré un confinement inefficace qui peut durer toute une vie puisqu'il n'empêche rien. Si ce virus était vraiment mortel, nous serions tous morts. Si un jour un virus vraiment mortel nous arrive et que nous agissons de la même façon, on pourra dire adieu à notre humanité. Ce confinement où tout le monde peut sortir quand il veut montre juste que notre pays est incapable de gérer une pandémie mortelle.

mardi 31 mars 2020

Petites dénonciations ordinaires

Deux semaines que nous sommes enfermés chez nous et déjà on peut observer des comportements déviants un peu partout. Il y a eu l'exode de tous ces gens des villes qui ont envahi les gares pour aller se mettre au vert. On s'est évertué à critiquer le parisien qui n'est pourtant pas plus coupable que l'étudiant de Nantes ou de Grenoble qui retourne chez ses parents parce que l'université est fermée. Comment cela peut-il être critiquable? Mais les gens avaient besoin de trouver des cibles, il fallait trouver le mouton noir, le montrer du doigt. Comme s'il n'y avait que les parisiens qui s'étaient regroupés en famille pour traverser cette épreuve...

Mais les choses se sont tassées, les hargneux sans raison manquent généralement de constance et montrent des dents au hasard du vent mauvais. Après tout, les parisiens étaient partis, ils étaient confinés, les gares étaient désertées, il n'y avait plus rien à en dire. Alors on a cherché d'autres victimes. On était enfermés, alors on s'en est pris à ceux qui paraissaient l'être un peu moins, petite jalousie oblige.

Forcément quand on vit à la campagne dans une maison avec jardin, le confinement est plus facile, on est un peu moins enfermé. Quand on sort dans son jardin, ça ne se voit pas. Par contre quand on habite en ville dans un appartement et qu'on sort cinq minutes prendre l'air, ça se voit tout de suite. Et là les meutes se sont lâchées.

Quand on vit dans un pays où la discrimination en fonction de la couleur de peau est une banalité, il parait logique qu'on trouve plus de personnes racisées dans les populations pauvres qui vivent dans des appartements plus petits et avec moins de jardin qu'on entasse dans des banlieues désagréables. Alors on a hurlé sur ces gens d'origine étrangère supposée qui ne respectent rien, qui n'ont aucune valeur, aucun respect pour le pays qui les accueille. Racisme ordinaire?

Il y a tout de même des relents très nauséabonds dans cette chasse à celui qui sort promener son chien ou acheter sa baguette. N'est-il pas déjà sorti une fois pour acheter du pain? N'a t-il pas déjà promener son chien trois fois? A t-il vraiment besoin d'aller faire ses courses alimentaires tous les jours? Les délateurs se sont fait plaisir, ils n'ont pas hésité à faire des vidéo des gens qu'ils voyaient dehors pour les jeter en pâture sur les réseaux sociaux . Certains n'ont pas hésité à appeler la police pour dénoncer un voisin qui faisait un barbecue avec des amis. Ces gens n'ont rien d'autre à faire que de dénoncer leur prochain? Il est parfois difficile d'oublier le passé collabo de la France dans d'autres épisodes peu glorieux.

On a quand même vu le bobo de Montmartre qui sort son chien tous les jours et sans le tenir en laisse mais qui fait des vidéos de tous ces délinquants qui osent être dehors en même temps que lui. On l'a vu aussi se défouler sur ces banlieusards qui ne respectent pas leur pays en restant soigneusement cloîtrés chez eux. Mais attention, ne pas lui dire qu'il pourrait être raciste, ça le vexerait, ça le choquerait, ça l'attristerait. Comment peut-on penser ça de lui alors qu'il a un très bon ami noir? Je me suis toujours étonné de tous ces gens qui ont UN très bon ami noir mais qu'on ne voit jamais sur toutes les photos partagées en abondance sur les omniprésents réseaux sociaux. Mais peut-être que cet ami noir n'est pas photogénique?

Dans ma résidence, les seuls qui ont improvisé des apéros dans la cour étaient des blancs, les noirs et les arabes sont restés soigneusement chez eux. Parce qu'ils savent que ce sont toujours les mêmes qui sont stigmatisés, parce qu'aussitôt quelqu'un serait venu leur dire de rentrer chez eux. On aime bien dire à celui qui semble étranger ce qu'il doit faire "chez nous". On vit dans une société où on finit par se demander si les règles de coercition n'existent pas seulement à l'intention des masses pauvres non blanches. Un jeune noir qui joue au foot sous sa fenêtre c'est un délinquant; un blondinet qui fait du vélo sous sa fenêtre c'est touchant, il faut bien qu'il sorte un peu le pauvre chou.