lundi 12 août 2019

Parasite

Enfin un film qui sort un peu de l'ordinaire, ça change des navets vus récemment. Deux familles avec le père, la mère, le garçon, la fille; mais deux familles qui vivent dans des univers complètement différents, des univers qui ne sont pas supposés se croiser. Il y a la famille de Ki-Taek où tout le monde est sans emploi et a du mal à subsister et qui vit dans un entresol. Et la famille Park, richissime, qui vit dans une grande maison d'architecte.

Nous sommes en Corée du Sud. Entre les deux familles il y a une limite infranchissable, une limite toujours présente, une limite que parfois le chauffeur menace de franchir, à l'énervement croissant de son employeur. Et puis un jour le fils de Ki-Taek arrive à se faire embaucher pour donner des cours d'anglais à la fille Park, en se faisant passer pour ce qu'il n'est pas. C'est le début de l'intrusion, une intrusion qui de fil en aiguille va nous réserver de belles (ou moins belles) surprises et avoir des conséquences insoupçonnées.

On notera tout de même qu'à la fin il y a un homme qui meurt juste parce qu'il n'aime pas l'odeur des pauvres, l'odeur des gens qui prennent le métro, l'odeur des gens dont la vie n'est pas importante. Une réflexion intéressante sur ce qu'on appelle la fracture sociale et qu'on nie en France, prétextant qu'elle n'existe pas. Pourtant ce film serait facile à transposer dans un univers européen.

mardi 6 août 2019

Yesterday

Surpris dans le mauvais sens du terme, Danny Boyle est un réalisateur qui a fait de très bons films, mais là j'ai eu l'impression de voir le film de quelqu'un qui n'aime pas la musique des Beatles et en fait le sujet principal de son film.

Un jeune musicien qui n'arrive pas à percer se retrouve du jour au lendemain propulsé au rôle de pop star en interprétant à sa façon des chansons des Beatles, un groupe que tout le monde a oublié du jour au lendemain, en l'espace d'un vide sidéral de douze minutes. Le film est toujours en équilibre, bien souvent on se dit que ça pourrait faire de très bonnes scènes, mais on tombe toujours du mauvais côté et la scène est ratée. Parfois ça faillit être drôle, parfois ça faillit être romantique, parfois ça faillit être mièvre, mais toujours ça tombe à côté. Une belle déception.

A effacer de sa mémoire en écoutant des chansons des Beatles dans leur version originale, c'est beaucoup mieux.

dimanche 4 août 2019

Se déplacer vert

La mode parisienne du moment nous propose de nous déplacer de façon plus écologique en utilisant des moyens de déplacement alternatif tels que voitures électriques, vélos électriques, trottinettes électriques, …etc. électriques. De qui se moque-t-on? Comment peut-on essayer de nous faire croire que l’électricité est une énergie écologique? C’est quoi la prochaine étape : déplacez-vous nucléaire? Parce, jusqu’à preuve du contraire, l’énergie électrique en France c’est quand même beaucoup de l’énergie nucléaire. Et on sait tous que le nucléaire n’a rien d’écologique et qu’on ne sait toujours pas traiter les déchets qu’il crée.

L’énergie électrique n’est pas une énergie verte, n’est pas une énergie durable, n’est pas une énergie non polluante. Il est temps que tout le monde le sache et en soit pleinement conscient. L’énergie électrique pollue, l’énergie électrique produit des déchets qu’on ne sait pas traiter.

Si vous voulez vraiment vous déplacer de façon écologique, prenez une trottinette ou un vélo qui se meut à la seule force de vos jambes. Non seulement c’est écologique, mais en plus c’est bon pour votre santé, c’est du gagnant-gagnant. Quant à la promotion de la voiture électrique, c’est juste du business pour vous faire changer de voiture. Peut-être est-il venu le moment de vous poser la question de savoir si vous avez vraiment besoin d’une voiture? Perso je suis opposé à la voiture individuelle et je trouverais bien qu’on interdise les voitures qui ne se déplacent qu’avec une seule personne à l’intérieur.

mardi 30 juillet 2019

Le coup du siècle

Je savais en allant voir ce film que j'allais voir un truc populaire basé sur deux personnages complètement opposés (la maigre et la grosse, la prolo et la bourgeoise...) mais je ne m'attendais pas à un truc aussi caricatural et aussi bête. Impossible de rire, ce que l'écran nous propose est simplement affligeant. A vrai dire, c'est flippant de penser qu'il peut y avoir des gens qui ont trouvé ça drôle...

dimanche 28 juillet 2019

Heureux événement

Je suis toujours un peu embêté quand quelqu’un m’apprend une naissance. Les convenances veulent qu’on doit se réjouir de toute nouvelle naissance et féliciter les heureux élus. Je le fais, je suis quelqu’un de bien élevé. Mais en moi il y a toujours une petite voix qui se demande : était-ce bien nécessaire cet enfant en plus ?

Parfois, dans la rue ou dans le métro, on croise une femme accompagnée de ses enfants et on ne peut pas ne pas voir qu’elle est enceinte. Et la petite voix interne se demande : mais elle va nous en faire combien ? A la limite, qu’une personne puisse avoir un désir très fort de se reproduire, ça peut se comprendre, mais est-ce vraiment nécessaire de reproduire l’expérience plusieurs fois ?

Je n’ai jamais eu ce désir de me reproduire, de mettre au monde un être qui aurait quelque chose de moi. Je sais que ça existe, mais c’est quelque chose que je suis incapable de vraiment comprendre. Si vraiment un jour je voulais contribuer à l’éducation ou l’épanouissement d'un enfant, il y a déjà plein d’enfants dans les orphelinats, il y a plein d’enfants dont les parents ne peuvent pas s’occuper. Pourquoi en faire d’autre ? Je suis un fervent partisan de la limitation des naissances.

Pour moi l’injonction à se reproduire est un héritage religieux qui avait une valeur à un temps donné mais qui n’est plus valable aujourd’hui. A l’époque où ce message était valable, les gens mouraient beaucoup plus qu'aujourd’hui, beaucoup de bébés mouraient en couche, beaucoup d’enfants n’arrivaient pas à l’âge adulte, beaucoup d’adultes avaient une fin prématurée. Se reproduire était vital pour la survie de l’espèce. Aujourd’hui, si l’espèce humaine est en danger d’extinction, c’est justement parce que nous sommes trop nombreux. Nous avons éliminé progressivement tout ce qui nous faisait mourir prématurément, peu de maladies sont maintenant mortelles, et l’espérance de vivre n’a cessé de croître. Nous sommes arrivés au stade où nous sommes beaucoup trop nombreux pour pouvoir continuer sur ce paradigme, la limitation des naissances est devenue vitale.

Mais quel homme politique osera un jour dire qu’il faut arrêter de se reproduire ? Quel homme politique osera un jour remettre en cause les aides sociales d’incitation à la procréation ? Aucun. Ce n’est pas populaire et l’homme politique est un animal qui n’a d’autre intérêt que le sien. Il est là pour plaire, il dira ce qu’on veut entendre de lui, il n’est pas là pour penser au bien commun ou à l’avenir de l’espèce humaine.

Un jour je me suis fait agressé par une vieille femme arabe qui m’a jeté : moi au moins j’ai fait des enfants, je ne me fais pas prendre par le cul. Qu’une vieille merde croisée dans la rue et à qui je n’ai jamais parlé me fasse cette remarque juste sur la présomption de mon homosexualité et se sente autorisée à le faire m’a choqué. Même les chiens arrivent à se reproduire, ai-je répondu. C’est vrai quoi, comment le fait d’avoir réussi à mettre bas peut-il être considéré comme une glorification sociale ? Je ne le comprends pas. Par contre je comprends très bien l’énervement de toutes ces femmes qui ont choisi de ne pas avoir d’enfant à chaque fois qu’on leur fait la remarque qu'elle n'en ont pas.

Parce que justement ne pas avoir d’enfant est un choix. Alors qu’en avoir est bien souvent le fait d’un hasard, d’une fatalité. Il est beaucoup plus difficile de ne pas avoir d’enfant que d’en avoir. C’est un acte réfléchi. C’est ce qui fait la différence entre les humains et les animaux. Combien de gens qui ont des enfants peuvent vraiment dire que c’était un acte volontaire et non pas une pression de la société, que c’était un choix mûrement réfléchi et pas les conséquences d’une soirée un peu trop arrosée ou d’une nuit un peu trop froide ? J’ai beaucoup d’admiration pour ces femmes qui ont réussi à ne pas avoir d’enfant malgré le harcèlement constant qu’elle subisse. Beaucoup.

vendredi 26 juillet 2019

Canicule

Ce jeudi 25 juillet restera dans l’histoire du moment comme le jour où il a fait 42 degrés à Paris. Bien sûr nous savons tous qu’une semaine plus tard personne n’y pensera et que rien ne sera fait pour que les températures cessent d’augmenter. L’écologie n’est pas compatible avec le capitalisme. Et tant que le profit restera la seule raison de vivre de nos états, il ne faut rien espérer.

Au contraire, nos dirigeants ont saisi l’occasion pour saluer l’essor de la climatisation et des ventes d’appareils réfrigérants. Un intervenant disait même qu’on était encore loin du modèle américain concernant la banalisation de la climatisation mais qu’on était sur la bonne voie. En quoi un pays aussi décadent que les Etats-Unis peut-il être vu comme un exemple? Quelle est l’espérance de vie du citoyen américain lambda obèse? A-t-on vraiment envie de vivre enfermés dans des cubes réfrigérés

La climatisation, on le sait, participe au réchauffement climatique. Ce n’est pas une solution, ce n’est pas la solution. La climatisation crée des besoins supplémentaires en électricité que nous ne sommes pas en mesure de combler. Quand arrêtera-t-on de créer chaque jour de nouveaux outils qui utilisent de l’électricité comme si l’électricité était une énergie écologique? Quand va-t-on comprendre que la seule solution viable serait de limiter notre consommation électrique, de limiter nos nouveaux besoins?

Je n’ai pas la climatisation chez moi, pas même de ventilateur, je n’en veux pas. Quand il fait chaud je souffre en silence et j’attends que ça passe. Je ferme mes fenêtres et mes rideaux le jour, j’aère la nuit, je prends des douches froides, je m’hydrate, je me ventile avec un éventail. Je limite mes efforts sportifs, je vis un peu au ralenti. C’est la vie, c’est ma vie. Je ne suis pas dans la concurrence permanente, j’admets qu’il faut savoir avoir des périodes moins productives que d’autres.

J’ai lu quelque part que planter un arbre remplace cinq climatiseurs, mais on préfère vendre des climatiseurs que planter des arbres. Qui peut dire en regardant par sa fenêtre qu’il voit des arbres? J’habite à Paris, mes fenêtres donnent sur une immense cour dallée où rien ne pousse. La seule verdure que je vois est celle que je fais pousser sur mon balcon, et c’est en plaisir constant de la regarder. Quand je sors dans la rue, je marche dans de nombreuses rues où il n’y a pas d’arbres, que des enfilades bétonnées, du bitume à perte de vue. Chercher à s’asseoir à l’ombre d’un arbre quand il fait chaud est un véritable parcours du combattant. Comment peut-on espérer vivre au frais dans une ville sans arbres? A-t-on oublier que les arbres, en plus de procurer de la fraîcheur, sont de superbes outils pour absorber le gaz carbonique? Mais bon, c’est quand même plus rentable de vendre des climatiseurs et de facturer de l’électricité. Rentable pour qui?

Il a fait chaud ce jeudi, mais il y aura d’autres jours à venir où il fera encore aussi chaud. Rien ne permet d’imaginer que ça peut changer. On se contentera peut-être de redéfinir le mot canicule ou de le faire disparaître du dictionnaire…?

lundi 22 juillet 2019

Yuli

Ce film raconte l'histoire du danseur classique Carlos Acosta (qui joue son rôle dans le film), danseur classique cubain de renommée internationale. 

C'est un film autobiographique et j'ai été choqué de me rendre compte que je n'avais jamais entendu parler de cet homme. Un danseur classique noir, ça ne court pas les rues, comment ai-je pu passer à côté de ce phénomène? Parce qu'on a beau dire, même aujourd'hui tu ne vois pas souvent un danseur étoile noir jouer Roméo ou un autre rôle principal. Cet homme a existé, au sommet de sa gloire dans les années 90 et je ne le connaissais pas. Rien que pour ça, ce film mérite d'être vu, la communauté noire manque de "role model" et les autres communautés ont facilement tendance à les minimiser. Du coup je vais m'intéresser un peu plus à cet homme.

Le film en lui même et plutôt bien fait, du petit enfant batailleur qui traîne dans les rues et n'a aucune envie de faire des pointes à l'adulte qui se pose des questions sur l'incidence de la couleur de sa peau même dans son pays natal. Il y a des moments de danse, mais ce n'est pas l'attrait principal du film, ce n'est pas un film sur la danse classique. C'est un film sur un parcours difficile et imposé dans un pays où la liberté n'existe pas vraiment et d'où beaucoup de gens veulent partir. Carlos fera le choix, quand il sera adulte, de revenir dans ce pays qui a fait de lui ce qu'il est, Cuba.