lundi 28 mai 2018

Fête des mères

Lundi. La fête des mères est maintenant derrière moi, je vais arrêter de recevoir cette avalanche de messages publicitaires pour offrir un cadeau à ma super maman homophobe qui pense qu'un homosexuel ne peut pas se marier ou éduquer un enfant.

Je ne comprends pas que cette fête purement commerciale et complètement machiste soit encore fêtée de nos jours. Comment, dans un monde au bord de la surpopulation, peut-on encore avoir une fête pour celles qui se sont reproduites? Est-ce que la finalité d'une femme c'est d'être une génitrice? Quelle fierté y a t-il à être mère? Est-ce qu'on fête aussi celles qui ont mis leur bébé dans un congélateur? Est-ce qu'on fête aussi celles qui ont mis leur enfant à la rue parce qu'il ne leur convenait pas?

Cette année la fête des génitrices tombe en même temps que le moment où l'Irlande accepte enfin qu'une femme puisse avorter, et je préfère émettre le vœux que chaque femme puisse vraiment être maîtresse de son corps et de ses ovules et que la société arrête de stigmatiser celles qui ont choisi de ne pas avoir d'enfant. Il faut arrêter ce diktat des religions qui font des femmes de simples outils de reproduction et qui ordonne la procréation à tout va. L'espèce humaine ne sera une espèce évoluée que le jour où elle arrivera à maîtriser sa reproduction. 

Et puis il y a tout de même quelque chose de choquant à voir toutes ces publicités qui cantonnent les femmes dans un rôle de femme au foyer ou de pute au service du mari. Sois belle pour ton mari ou fais le ménage, on en est encore là? Des publicités pour des culottes en dentelles affriolantes ou des publicités pour des robots ménagers, le choix des cadeaux pour la fête des mères est assez restreint. Si madame voulait un jeu d'échec ou des chaussures de randonnée, elle attendra une autre fête pour que la société lui fasse un rabais. En attendant elle restera au service de son mari et de ses enfants.

samedi 26 mai 2018

Le terroriste noir

Ces temps-ci on nous parle beaucoup dans les différents média des migrants qui nous envahissent. A chaque fois ça me hérisse le poil. La France n'existerait pas sans tous les étrangers qui l'ont façonnée et défendue contre l'envahisseur. La France ne serait pas ce qu'elle est sans tous les pays qu'elle a colonisés, pillés, exploités.

Aussi j'avais envie de vous parler de ce livre lu il y a quelques années, de Tierno Monénembo, Le terroriste noir, un livre que j'avais lu d'une traite. J'avais beaucoup aimé l'écriture, la façon dont l'histoire était racontée avec un parler très proche de l'oral, piqué de ci de là de mots de patois local.

L'histoire se passe dans les Vosges pendant la deuxième guerre mondiale. Un noir en uniforme de tirailleur sénégalais est découvert dans la forêt par un homme et son fils partis à la cueillette des champignons. Nous sommes en territoire occupé, l'allemand est partout, que faire?

Je ne vais pas vous en dire plus, il faut lire ce roman. Parce qu'il est bien écrit, parce qu'il est prenant, parce qu'on revit sous les mots de l'auteur une époque où beaucoup ont eu à se positionner au péril de leur vie sur les notions de résistance ou de collaboration. Et il est toujours intéressant de découvrir la petite histoire au niveau humain qui se cache derrière la grande histoire qu'on nous apprend à l'école.

D'autant plus qu'à l'école je serai très surpris si vous me disiez que vous aviez entendu parlé d'un réseau de résistance organisé par un noir. Pourtant ce roman est basé sur une histoire vraie, celle d'un guinéen adopté par un français de passage en Guinée, Addi Bâ. Devenu adulte, l'homme s'engagea en 1939 dans le régiment des tirailleurs sénégalais pour défendre sa patrie adoptive. Fait prisonnier, il réussira à s'échapper. C'est après cette évasion qu'il est retrouvé dans la forêt par les protagonistes de l'histoire de ce roman.

Saviez-vous que les tirailleurs sénégalais n'étaient pas tous sénégalais? La plupart des français ne le savent pas. En fait sous cette appellation on regroupait tous les africains arrachés à leur continent pour défendre une patrie d'adoption imposée, et on les utilisait comme chair-à-canon sans avoir pris forcément la peine de leur inculquer les rudiments militaires de base. Ces tirailleurs sénégalais qui ont versé leur sang pour une patrie qui n'était pas la leur sont de grands oubliés de notre histoire actuelle, personne ne pense à eux quand on honore le tombeau du soldat inconnu. Ce roman vous donnera une occasion de faire amende honorable et de penser à l'un de ses étrangers qui s'est battu pour la défense de nos idéaux.

jeudi 24 mai 2018

Jardin Nelson Mandela

Ces jours passés la mairie de Paris a fait de la communication sur le jardin Nelson Mandela, cet endroit qui était en travaux depuis des mois en plein centre de paris et qui enfin accessible aux passants, le présentant comme le nouveau poumon vert de la capitale. Quand j'ai entendu ça, je me suis un peu étranglé, et j'ai fait la remarque que ça manquait un peu d'arbres. Si vous êtes passés du côté des Halles récemment, vous avez probablement constaté que vous avez une vue dégagée sur l'église Saint-Eustache, une vue dégagée sur la canopée des Halles, une vue dégagée sur la bourse du commerce. Il y a des bouts de pelouse entre des morceaux de béton et de bouches d'aération, mais si vous voulez vous asseoir à l'ombre du soleil estival c'est impossible. Si vous avez un peu de mémoire, vous vous souviendrez probablement que ce n'était pas le cas avant les travaux. Ça n'a pas empêché le Community Manager de madame Hidalgo de me répondre qu'il y avait plus de 500 arbres plantés sur ce jardin. Vous imaginez une forêt de 500 arbres, l'espace que ça prendrait? Vous visualisez ça actuellement devant Saint-Eustache? Moi pas. Ou alors ce sont des arbres qui mesurent un mètre de hauteur...

J'aime les arbres, j'aime la nature, je n'aime pas le béton qui nous envahit de partout et qui occupe tous les espaces libres de la ville. Je suis toujours triste quand on abat un arbre qui a réussi à passer le cap des années. Je ne peux que constater qu'à Paris il n'y a pas ou peu de vieux arbres dans l'espace public. Dès qu'il y a des travaux quelque part, on commence par abattre les arbres présents, quitte à en replanter d'autres après. Du coup on ne voit que des jeunes arbres, des arbres condamnés à mourir jeune. Et on se congratule d'avoir mis de la verdure dans la ville quand on plante un arbuste avec trois pâquerettes à son pied à l'endroit où avant trônait un chêne majestueux. Pourquoi n'est-on pas capable quand on fait des travaux d'aménagement de prendre en compte les arbres déjà présents? Peut-on penser qu'un arbre de 100 ans a la même valeur qu'une pousse de 3 ans? Ne peut-on pas sanctuariser les vieux arbres? L'homme n'est pas fait pour vivre sur des dalles bétonnées.


mardi 22 mai 2018

Senses (1,2,3,4 & 5)

Ce film japonais est une expérience en soi au vu de sa longueur. Artificiellement coupé en cinq parties correspondant aux cinq sens, il faut tout de même aller trois fois au cinéma pour le voir dans sa totalité. Malheureusement beaucoup de cette longueur me semble complètement artificielle. Il y a de longues scènes où il ne se passe grosso modo rien, il y a beaucoup de conversations qui s'étirent sans raison. J'ai trouvé ça long, même si je ne peux pas dire que j'ai trouvé ça inintéressant. Certains passages auraient tout de même mérités d'être coupés, surtout dans le dernier épisode où on se demande si le réalisateur n'a pas tout simplement un peu de mal à terminer son film.

C'est le quotidien de quatre femmes, amies d'enfance qui se retrouvent régulièrement malgré des destins qui sont très différents. Elles ont chacune un rapport personnel à ce que peut être une relation amoureuse, et la disparition de l'une dont on apprend qu'elle veut quitter son mari et qu'elle est enceinte va faire se poser beaucoup de questions à ces femmes qui vivent dans une société où la parole n'est pas libérée, où les convenances sociales n'autorisent pas une franchise complète. On passe beaucoup de temps dans ce film à se remercier ou s'excuser, on vit beaucoup dans le non dit et une feinte politesse. Mais au final les choses finissent par transpercer, la parole finit par se laisser un peu aller.

Un film intéressant pour son côté sociologique mais un peu lassant d'un point de vue purement cinématographique. A voir? Je ne sais pas.


dimanche 20 mai 2018

Royal wedding

Hier, samedi 19 mai, il était impossible d'ouvrir un journal d'information ou d'allumer une radio sans entendre parler d'un mariage princier. Pourquoi pas? Sauf que j'habite en France, que j'écoute une radio française, lit un journal français, et qu'on me parle du mariage d'un prince qui n'est pas français, d'un mariage qui ne se passe pas en France, et que ce prince en plus ne sera jamais appelé à régner dans son pays. Pourquoi nous l'imposer dans nos média?

Je ne comprends pas cette fascination pour les têtes couronnées. En France on n'arrête pas de se vanter de leur avoir couper la tête aux rois, pourtant on les considère toujours avec une vénération qui me sidère. On te parle d'égalité mais dès qu'on croise une personne avec une particule on est prêt à faire la révérence ou claquer les talons. Je n'ai jamais compris comment on pouvait avoir la sottise de penser qu'une personne est plus intelligente ou plus méritante simplement parce qu'elle est bien née. Au contraire, on sait tous ce que donnent les mariages consanguins. Pourtant aujourd'hui en France à tous les postes clés de l'administration, de l'armée ou des grandes entreprises tu trouveras une personne avec une particule, particule qui donne d'office un avantage salarial non négligeable. On est prêt à tout pour supprimer dix centimes au pauvre qui crie la faim et n'a pas de quoi se nourrir, mais on donnera avec le sourire quelques centaines ou milliers de francs à une particule juste pour bénéficier de sa présence ou de son aura. Je ne comprends pas cette mansuétude par rapport aux âmes bien nées. Je trouve ça d'une bêtise sidérante!

Je n'ai évidemment pas regarder le mariage d'hier, je n'ai pas cherché à en entendre parler, j'en ai déjà trop entendu malgré moi. Mais je me dis que s'il y a encore des gens qui sont fascinés par ce genre de spectacle, le chemin sera long vers un monde plus égalitaire et plus fraternel.

mercredi 16 mai 2018

Ibiza 2018 (1)

Premier séjour de l'année à Ibiza pour un weekend prolongé, du vendredi 11 au mardi 15 mai. L'eau ne s'est pas encore réchauffée, on s'y baigne mais on n'y reste pas une heure. D'ailleurs pour certains elle est encore trop froide, il y avait peu de monde dans l'eau. Sur la plage non plus il n'y avait pas grand monde, le temps était parfois mitigé et les gens ne vont pas à la plage quand il fait gris. Mon désir de solitude et de repos a été comblé.

Par contre en ville il y avait une animation médiévale dans la forteresse. On avait un peu l'impression que tous les habitants de l'île était là, ça puait le graillon et toutes ces merdes que les gens n'arrêtent pas de manger, il y avait des foules partout, j'ai évité la vieille ville. C'était beaucoup plus calme le lundi, la foire commerciale terminée. En fait c'était même presque vide le lundi. La saison touristique n'a pas vraiment commencé, certains commerces sont encore fermés, on sent juste une petite ébullition, comme si les gens étaient dans les starting blocks.

Je n'ai pas fait grand chose de ce grand weekend, je me suis simplement reposé. J'ai été à la même plage tous les jours, j'ai fait des restaurants tranquilles le soir, j'ai passé des nuits calmes. Pas d'overdose de musique ou de sexe, ce n'est pas mon truc. J'ai lu le livre d'Eduardo Mendoza, Tres vidas de santos, que j'ai trouvé très moyen et j'ai adoré celui de Rosa Montero, La carne, l'histoire d'une femme de soixante ans qui porte le nom de Soledad (solitude en français), qui est célibataire et sans enfant, et qui succombe à l'appel de la chair d'un gigolo de trente ans en se posant plein de questions sur sa vie, sa solitude, le fait de ne pas avoir d'enfant. Des similitudes avec ma vie? Je ne m'imagine pas tomber sous le charme d'un gamin de trente ans de moins que moi.