mercredi 12 septembre 2018

Faille

C'était à l’hôtel à Alicante que je me suis fait la même remarque une fois de plus. Il y a l'habituelle carte qui te dit qu'il faut économiser l'eau et que si tu acceptes de ne pas changer ta serviette tous les jours, la planète t'en remerciera. Effectivement je n'ai pas besoin qu'on me change mes serviettes de toilette tous les jours, quand je suis chez moi je les garde plus longtemps. Mais, que tu le demandes ou non, on te change quand même ton jeu de serviettes tous les jours. C'est beau le gaspillage...

Ça, c'est l'espace béant qui se trouve entre la théorie et la réalité. L’Espagne est un pays où la question des économies d'eau n'est pas anodine. Il y a donc des initiatives prises pour limiter les consommations excessives d'eau. Mais dans les faits, tout le monde s'en fout et fait comme si de rien n'était.

C'est la même chose pour tout ce qui concerne le domaine de l'écologie. Il y a un consensus mollasson qui s'affiche en société mais qui est vite oublié en privé. Tout le monde sait que boire de l'eau en bouteilles de plastique est une hérésie, mais on continue à vendre tous les jours des bouteilles d'eau en plastique. On sait que le coca est un poison tout juste bon à dégraisser les wc qui assèche les nappes phréatiques des pays où il est produit, mais les gens continuent à en boire. On est parfaitement informé des ravages qu'occasionne la culture de l'huile de palme, mais on ne voudrait surtout pas se priver de son pot de Nutella. On parle du scandale des insecticides tous les jours, mais on pulvérise allègrement son gazon pour qu'il soit plus vert que celui du voisin et sans insectes qui piquent. Bah oui, les abeilles c'est bien mais pas chez soi!

La liste est longue de toutes ces choses qui nuisent à notre environnement et à nous même mais que pourtant on continue à faire comme si on ne savait pas. Comment comprendre? Au final on ne peut s'empêcher de penser que si l'espèce humaine venait à disparaître, elle l'aurait bien cherché.

dimanche 26 août 2018

Under the tree

Ce film est complètement loufoque, et c'est très amusant. Ça n'a ni queue ni tête, ça part dans tous les sens, c'est complètement halluciné et hallucinant, et finalement plutôt amusant, même si à la fin tout le monde est mort.

On part d'un couple dans un lit qui n'arrive pas à dormir à cause des ébats très sonores de leurs voisins. Manifestement eux n'ont aucune envie de faire l'amour, ils dorment à l'hôtel des culs tournés. Elle prend des bouchons d'oreilles et se recouche, on devine que ce n'est vraisemblablement pas la première fois, et finit par s'endormir. Lui se relève et passe dans la pièce d'à côté. Plus tard sa femme se lève et le trouve en train de se branler devant une vidéo de lui avec une ex. Elle le met aussitôt dehors, il va dormir chez ses parents. Quand il revient le lendemain la serrure a été changé, sa femme refuse de lui répondre au téléphone, il est interdit d'approcher son enfant à la maternelle. 

En parallèle ses parents se prennent la tête avec leur voisin parce que l'arbre sur leur terrain fait de l'ombre à la voisine quand elle veut se faire bronzer sur sa terrasse (mais il y a du soleil dans tout le reste du jardin!). On est dans l'absurde le plus total, et c'est assez jouissif!


lundi 20 août 2018

Les dix derniers films vus

Senses, de Ryusuke Hamaguchi. Avec Sachie Tanaka, Hazuki Kikuchi, Maiko Mihara, Rira Kawamura
Volontaire, de/avec Hélène Fillières. Avec Lambert Wilson, Diane Rouxel, Corentin Fila, Alex Descas
Campeones, de Javier Fesser. Avec Javier Gutiérrez, Athenea Mata, Daniel Freire
Love, Simon, de Greg Berlanti. Avec Nick Robinson, Keiynan Lonsdale, Logan Miller, Alexandra Shipp
Tamara 2, d'Alexandre Castagnetti. Avec Héloïse Martin, Rayane Bensetti, Idrissa Hanrot
Tully, de Jason Reitman. Avec Charlize Theron, Mackenzie Davis, Ron Livingston, Mark Duplass
Come as you are, de Desiree Akhavan. Avec Chloë Grace Moretz, Sasha Lane, Forrest Goodluck
My Lady, de Richard Eyre. Avec Emma Thompson, Stanley Tucci, Fionn Whitehead, Jason Watkins
Une famille italienne, de Gabriele Muccino. Avec Stefano Accorsi, Elena Cucci, Carolina Crescentini
Mario, de Marcel Gisler. AvecMax Hubacher, Aaron Altaras, Jessy Moravec, Jürg Plüss, Doro Müggler




jeudi 16 août 2018

Mario

Mario est un jeune joueur de foot qui rêve d'un avenir brillant. Quand Léon, joueur qui vient d'arriver dans la région, intègre son équipe de foot, ça va chambouler sa vie. Ils partagent le même appartement et entament une relation amoureuse. Mais ils ont beau être discrets, un jour la rumeur arrive jusque dans son équipe de foot. Sauf qu'il est juste impossible d'imaginer devenir un joueur de foot professionnel de haut niveau en assumant son homosexualité. Il doit choisir entre le foot et l'amour, entre vie professionnelle et vie privée.

J'ai bien aimé ce film. Ce n'est pas un grand film, on sent qu'il n'y a pas eu de gros moyens pour le monter, mais c'est un film avec une fraîcheur certaine et un ton juste, avec des défauts qui sont tout à fait acceptables.  On n'en ressort pas chamboulé, mais c'est un film qui a le mérite de dénoncer une réalité et qui mérite d'être vu. Qu'on le veuille ou non, l'homophobie dans le foot (et dans de nombreux sports d'ailleurs) est une réalité aujourd'hui.


dimanche 12 août 2018

Gay Games

Pendant le mois de juillet je n'ai rien entendu nulle part, rien dans les journaux, rien non plus dans la communauté homosexuelle. Pourtant un événement sportif à répercussion mondiale allait intervenir, avec plus de 10 000 sportifs participants venus de tous les coins du globe. J'étais un peu surpris. Puis le mois d'août est arrivé, et toujours rien. La cérémonie d'ouverture était prévue le samedi 4 août et personne n'en parlait. Y aurait-il un sursaut de la ville de Paris, partenaire de l'événement, le jour J, verrait-on des bus avec des petits drapeaux gay traverser les rues de Paris, les rues de la ville seraient-elle pavoisées au dernier moment? Il n'en a rien été.

Les jours précédents, il y a eu un léger bruissement sur les réseaux sociaux, des amis qui avaient vu que j'en parlais m'ont demandé ce que c'était, mais 99% des français ne savaient pas et ne savent toujours pas qu'il y a eu des Gay Games à Paris pendant une semaine au mois d'août.

Le vendredi 3 août j'ai été retiré mon badge d'accréditation pour l'épreuve à laquelle j'étais inscrit à la Cité de la Mode et du Design. Quand je suis sorti de la gare Saint Lazare, je m'attendais à un fléchage du parcours pour tous les sportifs étrangers, mais rien. Quand je suis arrivé devant le bâtiment en question, j'ai un peu hésité, c'est en voyant d'autres personnes entrer et sortir que je me suis dit que je devais être au bon endroit. Je suis rentré, j'ai retiré mon badge d'accréditation, tout s'est très bien passé. Par contre il y a un truc qui m'a choqué: même à l'intérieur, à aucun moment je n'ai croisé le moindre drapeau gay. Allait-on faire des jeux en cachette?

Le samedi 4 août c'était la cérémonie d'ouverture. On nous avait demandé d'arriver tôt, je n'ai toujours pas compris pourquoi. On a poireauté pendant quatre heures devant le stade Jean Bouin sur un terre-plein sécurisé en plein soleil sans aucune animation. Heureusement que j'ai toujours un livre dans mon sac... Enfin nous sommes rentrés sur le stade, chaque sportif derrière le drapeau de son pays par ordre alphabétique. Comment dire? Ce peut être exaltant de rentrer dans un stade sous les applaudissements de la foule, mais quand tu rentres dans un stade vide parce qu'aucune publicité n'a été faite et que le prix de la soirée est exorbitant, ce n'est pas vraiment enthousiasmant. Les spectateurs étaient les sportifs qui étaient répartis sur les gradins, et les quelques officiels et invités de la tribune centrale.

Puis la cérémonie a commencé, et a très vite tourné au ridicule et à l'ennui. Une chanson, une autre, et trop vite est apparu un animateur qui à chaque fois qu'il faisait une blague voyait une centaine de personnes se lever et sortir. Puis il y a eu les discours de récupération politique qui ont continué à dégoûter les gens. Moi je veux bien qu'on nous dise qu'on adore les homos mais tout le monde sait qu'à Paris un couple homosexuel ne peut pas marcher main dans la main sans prendre le risque de se faire agresser. Il y a eu des huées, des sifflets, et je suis parti largement avant la fin, dans un stade déjà à moitié déserté. Je serais curieux de savoir s'il restait encore des gens à la fin.

Ensuite ça a été la semaine des épreuves sportives, la mienne était très bien organisée et s'est très bien passée, mais avec le même sentiment de faire des jeux en cachette. J'ai nagé mon premier 2500m en eau libre, j'étais loin d'être dans les premiers (56ème sur 71) mais je suis content de moi, je l'ai fait.

Il y a eu des soirées festives également pendant toute la semaine, mais je n'ai participé à aucune. Je ne me sens absolument pas à ma place dans le milieu homo, je ne m'y sens pas bien. J'avais acheté des places, elles ont fini à la poubelle. J'ai juste été à la soirée Team France, je suis rentré et ressorti cinq minutes plus tard.

Enfin il y a eu la soirée de clôture, qui a été un pur moment de bonheur. Ça a fait du bien de finir sur une note positive.

C'était la deuxième fois que je participais à des Gay Games. La première fois avait été à Cologne en 2010. C'avait été un très bon souvenir, mais aussi un moment très révélateur, c'est après ces Gay Games que j'ai arrêté de courir avec le club de sport gay avec lequel je courais depuis des années. Cette fois-ci il n'y a pas eu de révélation, j'ai pris mes distances avec le milieu et tous les gens qui faisaient semblant de ne pas me voir ne me concernaient plus vraiment. Il y a longtemps que j'ai compris que le milieu gay n'est pas inclusif pour tout le monde et je l'utilise maintenant de façon consumériste, sans m'y impliquer, sans rien en attendre. Je suis content d'avoir participé à ces Gay Games parisiens, même si je suis très déçu d'avoir vécu des jeux cachés au grand public. Il y a là une homophobie gouvernementale qui ne m'enchante pas.

Les prochains jeux auront lien en 2022 en Asie, à Hong-Kong...