dimanche 4 février 2018

Barcelone 2018 (1)

Ma deuxième escapade espagnole de l'année aura été pour Barcelone. C'est la deuxième fois que j'y vais. J'avais découvert Barcelone en 2008, j'avais moyennement aimé, je n'avais pas eu envie d'y retourner. La ville avec ses grandes artères pleines de voitures qui la charcutent de part en part ne m'avaient pas plus, les ramblas pleines d'une foule dont je me passe très bien à Paris n'avait pas trouvé grâce à mes yeux, la Sagrada Familia m'était paru d'une mocheté sans nom, le catalan affiché partout sans traduction ni en espagnol ni en autre chose m'avait rebuté. Mais je voulais faire un tour à Sitgès, Sitgès est en banlieue de Barcelone, je m'étais dit pourquoi ne pas donner une deuxième chance à cette ville industrielle sans charme? Après tout, dix ans après, ma perception de la ville pouvait évoluer?

Ce vendredi 2 février, quand je suis sorti du train sur le Passeig de Gracia, j'ai retrouvé exactement ce que je n'aime pas à Barcelone, une grande avenue coupée au carré par d'autres grandes avenues sans fin, une ville sans vie consacrée à l'automobile. Le Passeig de Gracia, c'est un peu comme les Champs-Elysées à Paris, une très large avenue bordée de commerces plus ou moins luxueux. A Paris c'est un endroit où je ne vais jamais, où je n'ai aucun plaisir à aller. Mais j'avais un peu d'avance pour récupérer ma chambre d'hôtel, donc j'ai pris le temps de descendre tranquillement l'un de ces interminables boulevards jusqu'à la place d'Espagne où était situé mon hôtel. Mon objectif du jour était le MNAC (Museo Nacional d'Art de Catalunya) où je savais pouvoir trouver entre autre un tableau de Gréco et un autre de Zurbaran.

Une fois posé mon sac de voyage dans ma chambre d'hôtel, je suis donc monté sur la colline de Montjuic pour découvrir le MNAC. C'est un très beau bâtiment, construit ex nihilo pour l'exposition universelle de 1929, avec des fonds très variés, notamment une énorme collection consacrée à l'art roman, et une énorme collection consacrée aux artistes catalans. C'est ainsi que j'ai découvert, entre autres, ce tableau de Felius Elias représentant une personne appuyée sur une table dont l'androgynie me trouble. Le musée vaut vraiment le détour, il y en a pour tous les goûts. Et en plus sa terrasse offre un large panorama sur la ville, même si Barcelone est une ville relativement plate et que le panorama n'a rien d'impressionnant. Mais on prend bien conscience de la situation encaissée de cette petite vallée côtière.






vendredi 2 février 2018

Sac poubelle

Quand je suis rentré chez moi ce soir, il y avait sur le paillasson du voisin un joli sac poubelle en plastique noir avec sa petite ficelle rouge pour le fermer, le genre de sac que les gens achètent. Parce que oui, il y a des gens qui achètent des sacs poubelle pour jeter leurs déchets. Je n'ai jamais compris ça. Je n'ai jamais acheté de sacs poubelle. On te donne tellement de sacs plastique non sollicités dans la vie de tous les jours que j'ai un stock de sacs plastique sous l'évier de ma cuisine qui me met à l'abri de devoir acheter des sacs poubelle jusqu'à la fin de mes jours. Parce qu'on a beau dire qu'on veut supprimer le plastique, j'ai beau aller faire mon marché ou mes courses avec un cabas, il y a toujours un marchand qui t'imposera un sac plastique pour mettre tes trois avocats ou tes cinq pommes. Du coup mon stock de sacs plastique diminue peu. A quoi ça pourrait bien me servir d'acheter des sacs poubelle en plus?

Dans le même genre, il y a les sacs d'aspirateurs. Ça non plus je n'en achète pas. Quand le sac de mon aspirateur est plein, je le vide dans la poubelle et c'est reparti pour un tour. Pourquoi acheter un truc qui n'a aucune utilité? C'est pas comme ça qu'on va limiter nos déchets...

mardi 30 janvier 2018

Vœux 2018

Rock the system! En 2018 je vous souhaite d'avoir des couilles et d'oser vivre en harmonie avec vous-même. Arrêtez d'être les moutons d'un système qui ne vous convient pas et qui vous broie; pensez par vous-même, vous verrez, ça rend heureux. Soyez fiers, levez la tête, affirmez vous, le bonheur est à portée de main.

Tous les jours la propagande des médias nous ment, nous manipule. Tous les jours on nous donne des informations fausses ou a minimum orientées. Tous les jours la lutte des classes menée de façon active par l'oligarchie régnante nous écrase un peu plus. Vous attendez le retour du servage pour ouvrir les yeux et vous plaindre de votre sort? Quand vous n'aurez plus que vos yeux pour pleurer, il sera trop tard.

Vous en voulez des exemples de propagande? Tous les jours on nous bassine sur le président élu par les français, le président choisi par les français. Qui a voté Macron? Pas moi. Et la majorité des français non plus. Alors comment en est-on arrivé à ce qu'il soit élu président? Comment en est-on arrivé à ce que tout le monde accepte cette manipulation du vote électoral?

Propagande? Tous les jours on nous dit que ce président fait ce qu'il avait dit qu'il ferait et que ça nous change mais qu'il faut s'y habituer. Factuellement, c'est faux. Ceux qui ont un peu de mémoire se souviendront probablement que ce président n'avait pas de programme quand il était candidat, on avait même osé nous présenter le mouvement En Marche comme un mouvement collaboratif participatif en construction (au passage un candidat dont le mouvement porte ses initiales, ça en dit long sur la personnalité narcissique du monsieur). Ayez de la mémoire, construisez-vous, refusez de vous taire.

On vous dit que les gens approuvent son action, sont satisfaits de lui? Propagande! On vous dit qu'il n'y a pas de manifestations dans les rues, que les mouvements qui éclosent meurent aussitôt nés? Propagande! Regardez autour de vous. Demandez aux forces de l'ordre qui gazent le premier manifestant potentiel s'ils sont inactifs. Ce n'est pas en niant ou faisant taire les manifestations qu'elles finissent par disparaître. Alors soyez fidèles à vous même, refusez de vous faire mener à la baguette par la propagande des millionnaires.

Un président Jupiter, et les journalistes sont en pâmoison. Ça veut dire quoi un président Jupiter? C'est quoi la différence avec un dictateur? C'est quoi un président qui choisit ostensiblement les journalistes à qui il demande de lui servir la soupe? Comment peut-on accepter cette négation flagrante de l'expression démocratique?

On pourrait en parler pendant des heures de la propagande de ce gouvernement de millionnaires, mais je ne vais pas continuer cette note des heures durant. Je vais juste à nouveau vous renouveler mes vœux d'authenticité, soyez heureux avec vous même, regardez vous dans la glace, faites votre examen de conscience, et faites ce que vous avez à faire, agissez en fonction de votre conscience. Vous croyez être des individus libres de pensée? Faites en sorte que vos actes soient en accord avec votre pensée alors! Bonne année!!

dimanche 28 janvier 2018

Brillantissime

La seule chose de brillantissime dans ce film c'est le casting. Michèle Laroque, Pascal Elbé, Kad Merad, Françoise Fabian, Gérard Darmon, Rossy de Palma, Michaël Youn, Pierre Palmade, Marthe Villalonga, Philippe Lacheau, Tarek Boudali, ... la liste est sans fin. C'est d'ailleurs désolant de voir autant de bons acteurs dans un film aussi peu réussi. Et ça interroge sur la façon dont fonctionne le cinéma français et les castings. Il y a pénurie d'acteurs en France et on est obligé de prendre toujours les mêmes? Ils sont si mal payés que même un acteur connu et reconnu se voit contraint de courir le cachet quitte à n’apparaître que deux minutes dans un film? Ou alors c'est un film de copinage où personne n'est payé? Il y a un côté un peu irritant à voir même dans le plus petit rôle quelqu'un qu'on a l'habitude de voir sur les écrans.

D'ailleurs, quand on se renseigne un peu, on apprend que c'est un film auto produit par un financement participatif, et que Michèle Laroque n'a pas hésité à faire jouer avec elle sa vraie fille, sa vraie mère, et même sa vraie chienne. En fait elle s'est fait plaisir, elle a tourné un film familial. Ce qui est dommage pour elle, c'est que son film est un navet, et ses amis / sa famille doivent vraiment se demander ce qu'ils sont venus faire dans cette galère. Un conseil, passez votre chemin, ce film ne vaut pas la peine d'être vu.

De quoi ça parle? Rien de palpitant, la crise de la cinquantaine d'une femme qui se fait quitter par son mari pour une jeunette et qui tombe amoureuse de son psy. C'est supposé être plein d'humour, plein de blagues, mais je n'ai vu personne de plier en quatre dans la salle où je l'ai vu. Quant à moi, j'étais bien loin d'être tordu de rire, ça frôlait plutôt le pathétique que le risible. Je voulais aller voir un film qui me changerait les idées et avec du soleil pour oublier la pluie qui tombe en continu, c'était raté.


mercredi 24 janvier 2018

Villes de lumières

L'avion avait amorcé sa descente, la nuit était tombée, les lumières de la ville se rapprochaient et se multipliaient. Vu dans haut la nuit, on se rend compte à quel point civilisation et lumière sont devenus synonymes. Les rares forêts sont des espaces sombres et dès qu'une rue passe on a un tracé de lumière. Quand on approche d'une agglomération, on voit clairement le cadastre des rues avec les lampadaires à espaces réguliers. Quand on arrive en ville, c'est encore pire, on ne voit qu'un gros tas de lumières. Paris est un immense tas de lumières vu du ciel. Est-ce vraiment nécessaire?

De l'avion on pouvait lire l'enseigne publicitaire d'une grande surface à plusieurs kilomètres; à quoi ça sert? A quoi ça sert que toutes les rues d'un village ou d'une ville soient éclairées comme si on était en plein jour alors qu'il n'y a personne dans les rues? A quoi sert qu'une route traversant une forêt soit un champ de lumière si personne ne l'emprunte?

Aujourd'hui tous les engins susceptibles d'emprunter une route ont l'obligation d'avoir des phares. Quelle est alors l'utilité de garder éclairer en permanence un passage qu'ils sont capables d'éclairer eux-mêmes en passant? On nous parle d'écologie, de sauvegarde de la planète, mais pourquoi dilapider de l'énergie à éclairer des espaces vides juste dans l'éventualité qu'un véhicule auto-éclairant y passe? Sans même se poser la question des nuisances aux animaux et au reste de l'écosystème planétaire, ne s'aperçoit-on pas que ce n'est pas bon pour nous non plus d'être constamment exposés à de la lumière artificielle? Sommes-nous des rats de laboratoires ayant besoin d'être dans des spots lumineux en permanence?

Hors agglomération je pense qu'il est assez consensuel d'imaginer que des lumières en permanence ne sont pas nécessaires. Mais n'est-ce pas la même chose en agglomération? Est-ce que tu as besoin que le trottoir devant chez toi soit allumé en permanence? Est-ce que tu as besoin que l'enseigne du magasin au coin de la rue soit visible de ta fenêtre toute la nuit? Est-ce que tu crois que c'est bien pour tes yeux et ton cerveau de ne plus savoir ce que c'est que l'obscurité complète?

Quand je rentre chez moi, je traverse une grande cour intérieure inaccessible aux non-résidents. Elle est éclairée toute la nuit. Je ne comprends pas qui a pu avoir cette idée absurde. A chaque fois que j'y passe, ça m'énerve. Ça m'énerve de devoir mettre des rideaux occultants chez moi parce que sinon je peux me promener chez moi la nuit sans besoin d'allumer la lumière tellement il y fait clair. Je ne comprends pas ce besoin de l'humain d'être toujours dans la lumière.

Je n'aime pas les villes de lumières, je rêve de nuit noire absolue à la lueur des étoiles. Vous avez déjà fait de la randonnée nocturne loin des villes? Par moment il arrive qu'on ne voit plus une seule lumière artificielle. C'est très apaisant.

mardi 23 janvier 2018

Madrid (38)

En sortant de mon hôtel à côté de la place du Callao, j'ai eu la bonne surprise de voir qu'il ne pleuvait pas ce dimanche matin, c'était la bonne nouvelle du jour. Par moments même le ciel était complètement bleu, et ça faisait du bien. Du coup la doudoune paraissait presque de trop, mais le prochain passage à l'ombre nous rappelait tout de même qu'on était bien en hiver. Je voulais aller au musée des Beaux-Arts, mais avant j'ai fait un très grand détour pour profiter du bleu intermittent du ciel. Je suis parti vers le nord, j'ai remonté la rue Hortaleza, je me suis promené dans le Chueca tranquille du dimanche matin, j'ai remonté jusqu'à la rue de Genève pour bifurquer vers la place Christophe Colomb. Je suis redescendu par le large paseo de los Recoletos, son kiosque à fleurs et ses bassins d'eau, jusqu’à la place de la Cibeles. J'ai remonté la rue d'Alcala, fait encore un petit détour pour passer par la petite place du Roi que j'aime beaucoup, puis me suis dirigé vers le musée des Beaux-Arts.





C'est ma deuxième visite dans ce musée des Beaux-Arts mais j'y retrouve avec plaisir les tableaux que je connais déjà, la petite salle avec les Gréco, le Christ en croix d'Alonso Cano, le Saint Antoine de Ribera, la Suzanne et les Vieux de Rubens, et bien d'autres encore. Il y a aussi toute la partie dédiée à la sculpture où mes yeux se repaissent de mollets saillants, de biceps gonflés, de barbes ciselées, de fesses galbées, de visages tordus par la douleur, la joie, la peur ou le vide inexpressif. Je suis toujours admiratif quand je me dis qu'au départ il y avait juste un caillou, un bloc de terre, une masse informe qui, à force de patience et avec beaucoup de soin et de minutie, s'est transformé en une oeuvre qui a traversé le temps, les âges, les siècles, pour témoigner encore dans notre présent et dans des présents à venir d'une intention morte depuis longtemps mais devenue immortelle.





Dehors il fait toujours beau, je fais une dernière promenade dans la ville, je repasse par la Puerta del Sol, la Grand-Place, la place de la Ville, les jardins devant le palais royal... Mais le temps passe, il me faut me hâter vers la gare d'Atocha pour prendre la navette vers l'aéroport. A quand mon prochain séjour à Madrid? Il faut absolument que je retourne à Tolède, je n'ai toujours pas été visiter le site de San Lorenzo de El escorial et il y a encore tellement de facettes de la ville que je n'ai pas découvertes...