mercredi 19 avril 2017

A United Kingdom

Une histoire d'amour entre un noir et une blanche. Aujourd'hui encore ce n'est pas évident, alors imagine dans les années d'après-guerre! Ruth et Seretse tombent amoureux dans le Londres de 1947. Il est héritier d'un pays d'Afrique australe, le Bechuanaland, elle est juste une habitante de Londres ordinaire. Les parents s'opposent au mariage des deux côtés, mais ils sont sûr d'eux et se marient quand même. Les parents de Ruth refuseront de la revoir. Quant à Seretse, son peuple au Bechuanaland n'apprécie pas vraiment l'idée qu'une femme blanche puisse devenir leur reine.

A cette petite histoire personnelle se rajoute la grande histoire. Le Bechanaland est sous protectorat britannique, et le gouvernement britannique s'oppose à ce mariage car il est en opposition à l'apartheid qui est en train de s'installer en Afrique du Sud, le pays voisin du Bechuanaland, et froisse des intérêts politiques. Sans oublier que les colons britanniques ont déjà leurs habitudes d'avoir des bars, restaurants et autres, interdits aux indigènes, la ségrégation est factuelle. L'amour résistera t-il aux injonctions du gouvernement britannique?

Plus qu'un film qui nous retrace un épisode réel de la vie d'un pays qui allait à son indépendance devenir le Botswana, ce film peut aussi nous faire réfléchir à la réalité politique d'un apartheid créé pour des intérêts purement économiques. Le racisme est une invention du dominant pour maîtriser le dominé, il est important de s'en souvenir. Ce n'est pas un acte naturel. Personne ne naît raciste, c'est une chose qui nous est inculquée.


lundi 17 avril 2017

Séville (23)

Après cette première pause, j'ai repris la rue Feria, plutôt tranquille ce lundi matin, j'ai flané en regardant les boutiques (j'aimerai bien me trouver un beau sac à dos mais de petit format et pas un sac en toile d'adolescent), prolongé devant l'église San Juan de la Palma par la rue Regina avec ses petites boutiques qui raviraient le bobo parisien et débouché sur l'arrière de la place de l'Incarnation. Je n'étais jamais monté dans la canopée, c'est ce que j'ai fait.

Le panorama n'est pas extraordinaire, c'est une ville assez plate dont n'émergent que les clochers des multiples édifices religieux. Par contre ça donne une bonne idée de la taille de la ville. A faire quand on connait déjà un peu Séville. Par contre c'est une expérience très amusante visuellement de se promener dans cette construction comme dans un nuage au dessus du sol, de constater les jeux d'ombres et de lumières. C'est une construction que j'aime beaucoup.

En descendant de ce nuage de bois, mes pas m'ont mené vers la place de l'Alameda où je me suis assis en terrasse de café pour profiter du soleil en bouquinant. Parce que le plaisir de ne pas avoir de contrainte horaire, de pouvoir se poser sans aucune obligation, c'est agréable. Et puis, j'aime la caresse du soleil, c'est vraiment ce qui me manque le plus certains jours d'hiver à Paris, certains jours de pluie discontinue.

Puis il y a eu la basilique Jesus del Gran Poder où les gens faisaient la queue pour embrasser le pied d'une statue. J'ai trouvé ça un peu répugnant, un regard noir a salué le fait que je passe sans embrasser la statue ni même plier le genou. Suite de mes déambulations, retour vers le centre, il commençait à faire un peu chaud. Je ne portais qu'un pull léger à même la peau, mais j'ai dû m'arrêter chez Zara rue Tetuan pour acheter un t-shirt. C'est bien la première fois de l'année que je suis exposé à une température si élevée. D'ailleurs plus loin, dans les jardins Cristina devant le palais San Telmo, je me suis assis sur un banc sous un arbre à l'abri du soleil pour une autre pause lecture.

Ensuite il y a eu une excursion côté Triana pour aller visiter l'église Santa Ana, mais j'ai trouvé porte close. Autres déambulations, l'après-midi est passée et il était temps pour moi de prendre le bus pour Paris. Mine de rien, il a fait 27° cet après-midi. Il en faisait à peine une dizaine quand je suis arrivé à Paris dans la soirée, très content de ce petit week-end espagnol et avec des couleurs en plus sur le visage. Et maintenant je sais qu'on peut se baigner à Cadix début avril :)






dimanche 16 avril 2017

Séville (22)

Le dernier jour, le jour du départ. Je rends ma chambre à l'hôtel et me retrouve SDF pour le reste de la journée. Il fait beau pour ce dernier jour, finalement j'aurai eu de la chance avec la météo. Pour changer, mes pas en quittant la place Benitez ne se dirigent pas vers le centre-ville. Je contourne la ville et longe le tracé historique de ses anciennes murailles, encore visibles par endroit, en direction de la basilique de la Macarena. C'est mon objectif du jour, voir la fameuse Vierge de la Macarena qui émeut tant les foules locales. 

Il y a du monde dans la basilique, qui semble toute petite. La Vierge est déjà installée sur son char de promenade, la foule est importante, pas le genre d'endroit propice au recueillement. Il faut dire que les compétitions en vue de la semaine sainte approchent. Dans chaque église, la Vierge du lieu se prépare à être promenée en procession dans la ville, c'est une véritable compétition. Je me rends compte en visitant d'autres églises que des groupes scolaires font aussi le parcours des églises, comme pour voir toutes les Vierges en compétition.

Je ne sais pas si c'est pour entretenir un tourisme religieux lucratif (les prix des hôtels sont complètement indécents pendant la semaine sainte) ou s'il y a vraiment une foi partagée, mais j'ai l'impression que la religion est un peu omniprésente dans la vie de l'espagnol lambda. Les gens vont à l'église, c'est l'agora du quartier, le lieu où on se rencontre et où on papote. J'imagine qu'il doit être difficile de faire partie de la vie locale si on ne va pas à l'église, que c'est une obligation sociale. 

En sortant de l'église Omnium Sanctorum où j'ai bravé une autre horde d'adolescents en sortie scolaire plus occupés à faire des selfies ou à s'occuper de leur apparence pour plaire au sexe opposé que de vraiment regarder la Vierge locale, j'ai aperçu sur le côté de la rue Peris Mencheta une petite placette et quelques tables sous les jeunes arbres. Il était temps de prendre mon petit-déjeuner, mon toast de pain avec tomates et huile d'olive, mon jus d'orange tout juste pressé. En rondelle ou en purée les tomates? Heureusement que mon niveau d'espagnol s'est amélioré, je n'aurai pas compris la question il y a deux ans. Et je préfère nettement mes tomates en tranches, pour le plaisir de croquer dedans.






samedi 15 avril 2017

Séville (21)

Nuit à Séville après ce superbe après-midi de soleil à la plage, ma promenade du soir. Je pars en direction de la place de l'Incarnation dont j'apprécie beaucoup la canopée. Je ne comprends pas toutes les récriminations des parisiens concernant la canopée des Halles, je trouve que c'est une réussite, que ça fait un très bel espace ouvert en plein centre-ville, je suis certain que ça deviendra rapidement un centre de vie. A Séville c'est un point de convivialité, les commerçants à son pied ne désemplissent pas. Ensuite il y a les petites rues derrière, l'église San Juan de la Palma, et en bifurquant à gauche j'arrive sur la place de l'Alameda. On est dimanche soir, c'est assez calme.

Je retourne vers le centre ville, passe la place Duque de la Victoria et ses grands magasins, prend les rues commerçantes, rue Velazquez, rue Tetuan, et débouche devant l'hôtel de ville et la place Neuve quasi déserte. Je descend la rue de la Constitution en admirant les façades éclairées des superbes immeubles qui la bordent. En passant devant la cathédrale, je remarque une porte ouverte où les gens vont et viennent. C'est la préparation de la fête pascale, dans la chapelle un chœur chante une Passion de Bach. La réverbération des sons m'agresse un peu les oreilles, je ne m'attarde pas.

Finalement je m'attable à une terrasse presque déserte sur le côté de la place de la Porte de Jerez. Il est tôt, à peine 22h30, mais bon, c'est dimanche, les gens sont à la maison, les touristes sont rentrés. D'ailleurs moi non plus je ne vais pas traîner. Après un dîner frugal et un petit détour pour voir le Guadalquivir et la tour de l'Or à son bord, mes pas me ramèneront à mon hôtel place Carmen Benitez. Fin d'un dimanche tranquille et reposant.






vendredi 14 avril 2017

Cadix (3)

Dimanche à la plage. Quand j'avais fait ma réservation, je m'étais posé la question de savoir s'il était possible de se baigner à Cadix début avril. Ça semblait peu envisageable, mais j'avais tout de même pris mon maillot de bain, en espérant avoir au moins le bonheur de pouvoir prendre un bain de soleil. La météo ce dimanche annonçait 18° au plus chaud de la journée.

En arrivant à Cadix le ciel était dégagé. Il ne faisait que 16° mais au soleil c'était très agréable. Je me suis promené dans la vieille ville puis me suis assis dans une rue piétonne pour prendre mon petit-déjeuner à l'ombre des arbres de Judée en fleurs. Il faisait bon, j'avais tombé la veste et chaussé mes lunettes de soleil.

Puis j'ai été me recueillir quelques instants dans l'église voisine, l'église Santo Domingo. J'aime bien le silence et la légère pénombre des églises. Les fêtes de Pâques approchaient, et dans une travée était dressée une table avec les apôtres grandeur nature autour. On vit vraiment le rituel chrétien à fond ici.

En sortant j'ai emprunté les petites ruelles de ce vieux quartier populaire en direction de la plage Santa Maria del Mar. En arrivant sur la promenade qui ceint la ville, certains étaient déjà torses nus, le ressenti ne donnait pas l'impression qu'il ne faisait que 18°. Je suis descendu sur la plage, j'ai étendu ma serviette sur le sable encore un peu humide de la marée descendante, je me suis mis en maillot de bain pour profiter du soleil. A l'abri du vent il faisait très bon.

L'eau était à côté, tentative. Je voyais bien que personne ne se baignait. Les gens y mettaient le pied et en ressortait ou marchaient simplement un peu au bord. Les surfeurs qui guettaient la vague portaient des combinaisons. Je commençai à avoir un peu chaud au soleil et je ne tenais pas à prendre un coup de soleil. Alors je me suis levé et j'ai moi aussi été tremper mon pied dans l'eau. Effectivement elle n'était pas chaude, mais on finissait par s'y habituer en restant les pieds dans l'eau. J'ai marché de long en large, m'enfonçant un peu plus, jusqu'aux mollets, jusqu'aux cuisses. Puis je me suis lentement immergé totalement. Oui, elle était froide, mais au bout de quelques instants le corps dégageait une chaleur d'apaisement, s'accoutumait. Alors j'ai nagé, je suis resté une bonne demi-heure dans l'eau. Bien sûr quand tu ressors les gens te regardent un peu bizarrement, mais qui s’occupe de ce que les gens pensent? J'ai beaucoup aimé, j'aime vraiment nager, ce n'est peut-être pas un hasard si je suis né sous le signe des Poissons.

Je me suis à nouveau étalé sur la plage pour reprendre le soleil, puis je suis retourné à l'eau, puis... bref, moi qui pensai juste prendre une bain de soleil d'une heure avant d'aller déjeuner sur une place tranquille, j'ai passé l'après-midi à la plage. Et j'ai beaucoup aimé, vivement la prochaine fois! Parfois je me demande pourquoi j'habite dans une ville sans soleil et sans bains de mer dans ma vie de tous les jours. Ah oui, le boulot, les contingences matérielles...







jeudi 13 avril 2017

Séville (20)

Retour à Séville, petite promenade dans la ville, mais je me sens nauséeux, j'ai vraiment pris un coup de soleil. Alors je rentre à l'hôtel pour faire la sieste, après tout 17h c'est une heure idéale pour faire un petit somme avant de ressortir le soir. Le sommeil est le meilleur médicament que je connaisse.

Ma déambulation nocturne me poussera tout d'abord jusqu'à la place d'Espagne, toujours aussi grandiloquente, toujours époustouflante. Puis promenade sur la grand-rue puis dans le dédale des petites rues jusqu'à la place de l'Incarnation à nouveau, où je me suis arrêté pour dîner d'une parrillada de verduras très à mon goût.

On est samedi soir, il est minuit, c'est le début de la nuit pour les gens qui s'apprêtent à aller danser, mais je suis toujours un peu nauséeux de mon trop plein de soleil, je rentre sagement me coucher à l'hôtel. Demain sera un autre jour.