vendredi 30 novembre 2018

Lola et ses frères

C'est un film qui fait du bien, une tranche de vie avec des situations banales, des gens qui s'aiment ou ne s'aiment plus, des gens qui ont des petits malheurs et des petits bonheurs, la vie au quotidien. Mais c'est très bien fait et j'ai passé un bon moment en regardant ce film. Ça fait du bien aussi de voir des films banalement positifs et qui nous sortent de la morosité ambiante.


mercredi 28 novembre 2018

Slip rose (2/2)

Vendredi 16 novembre, toujours aucune nouvelle de Colissimo pour le colis en cours de livraison depuis lundi. Pour une entreprise qui prétend livrer en 48h, ça commence à faire long. J'appelle donc l'entreprise à laquelle j'ai fait ma commande, Homéose, qui avait également été étonnée du délai de livraison et m'a dit que le colis avait bien été livré au point de retrait désigné. Je me suis donc rendu au point de livraison choisi, un magasin Optical Discount au 56 de la rue Ordener dans le 18ème.

La vendeuse était déjà avec un client pour des lunettes, mais nous étions déjà trois à faire la queue pour retirer un colis. Elle s'est donc interrompue pour nous servir. Vous avez reçu l'avis de livraison? Non, réponds-je, mais normalement le colis est déjà chez vous, il est parti lundi. Elle m'a demandé ma pièce d'identité a regardé vite fait, m'a dit qu'elle n'avait rien reçu. J'ai bien senti qu'elle n'avait pas vraiment regardé, mais je n'avais aucune preuve. Je l'ai trouvé beaucoup plus aimable avec le client suivant, mais il était blanc et pas moi. Parfois certaines personnes se sentent habilitées à vous traiter de haut quand elles sont plus claires que vous et se permettent de ne pas vous prendre au sérieux.

Je suis sorti et j'ai rappelé aussitôt Homéose. Ils ont été surpris et m'ont dit qu'ils allaient contacté la poste. On était vendredi soir. J'ai donc été rappelé lundi, ils m'ont confirmé que le colis avait bien été livré mercredi dernier et l'ont notifié par écrit. Je suis donc retourné ce lundi en fin d'après-midi au fameux point de relais, mais avec un écrit sur mon portable cette fois-ci.

Quand je suis entré dans la boutique, la vendeuse était occupée avec un client. Vraisemblablement ça ne lui permettait pas de me dire bonjour. J'ai patienté, debout. C'était long. Le client était noir, la vendeuse le tutoyait et lui parlait comme à une merde, j'étais choqué. J'étais énervé avant même qu'elle ne s'occupe de moi. J'ai commencé à faire les cent pas dans la boutique, en faisant claquer très fort les talons de mes mocassins pour exprimer mon mécontentement grandissant. Aucune réaction de la vendeuse. Aucune invitation à m’asseoir au second bureau disponible pour l'accueil des clients. Je me suis donc assis sans y être invité, en faisant plein de bruit, prêt à rugir à la moindre remarque. Mais elle n'en avait juste rien à foutre de ma présence. J'ai sorti mon portable et commencé à scroller.

Enfin le client a eu fini et ai parti, elle s'est levé pour passer au bureau voisin s'occuper de moi. J'ai terminé de lire ce que j'étais en train de lire avant de lui accorder mon attention, expressément. Je viens chercher un colis qui est chez vous depuis mercredi mais je n'ai pas reçu d'avis de mise à disposition, je suis déjà passé vendredi, vous m'aviez dit que vous ne l'aviez pas. J'étais pas là vendredi, c'était ma collègue, ton agressif. Peu importe, je lui réponds, est-ce que vous l'avez? Vous avez une pièce d'identité, me demande t-elle. J'avais déjà sorti ma pièce d'identité, elle était sur le bureau à dix centimètres de sa main. Oui, la voici, dis-je en la lui montrant mais en la laissant elle-même la prendre (quand je suis énervé, je peux être très mal-aimable surtout quand la personne en face est elle-même très désagréable). Elle regarde son ordinateur, me dit qu'elle n'a rien à ce nom.

Elle me redemande si j'ai eu un avis de mise à disposition. Je lui réponds que je lui ai déjà dit que non, mais que j'ai un courrier de la poste me confirmant que le colis est chez eux depuis mercredi. Elle voit bien que je ne vais pas bouger sans avoir mon colis et donc consent à aller jeter un œil dans la pièce arrière adjacente. Elle cherche, a du mal à trouver. Mais elle finit quand même par trouver et me tend enveloppe. Je la prends et me lève et lui dit, quand même très très énervé, "surtout ne vous excusez pas". Et là elle est partie en vrille "je vous ai déjà dit que j'étais pas là vendredi, c'était pas moi" mais sur un mode hyper agressif, pas du tout sur le mode je suis désolé. Je l'ai regardé sans un mot comme on regarde une merde, ça lui a cloué le bec, elle était muette de stupéfaction. Je suis sorti en rajoutant qu'au moins j'étais certain de ne jamais remettre les pieds dans ce magasin pour y faire des achats. 

D'ailleurs si je vous ai mis en toutes lettres le nom et l'adresse de la boutique, c'est volontairement. J'ai rarement reçu un accueil aussi agressif et peu bienveillant, je ne sais pas comment ils font leurs recrutements chez Optical Discount, mais je n'accepte pas ce genre de traitement. J'en ai d'ailleurs informé l'entreprise où j'avais commandé mon maillot de bain. Quand j'ai refait une commande chez eux, pour les remercier du bon accueil de leur service client après-vente, j'ai constaté que l'adresse n'était plus disponible en point de livraison. J'en suis content. (et la livraison a été faite en des temps beaucoup plus normaux, en trois jours c'était livré)

Le 19 novembre, j'ai donc eu en ma possession un maillot de bain commandé plus d'un mois avant, d'un superbe rose qui fera très bel effet sur ma peau quand je serai à nouveau bronzé. Vivement l'été!

lundi 26 novembre 2018

Violence

Samedi dernier, samedi 24 novembre, il y avait une manifestation des gilets jaunes sur les Champs-Elysées. Tous les médias sont unanimes pour nous rappeler que cette manifestation n'était pas autorisée et qu'elle a été entachée de violences inadmissibles. Ceci étant dit, on n' a rien vraiment dit. On ne questionne pas le fait qu'une manifestation doive être autorisée, on ne questionne pas l'origine de la violence.

Je ne peux m'empêcher tout de même de m'étonner que, dans un état prétendument démocratique, il soit nécessaire de dire à l'avance qu'on va manifester et d'en obtenir l'autorisation. Pour moi c'est un peu croquignolesque. Il faut prévenir qu'on souhaite émettre son désaccord, il faut accepter d'être fiché pour le faire, et on peut très bien te répondre que tu n'es pas autorisé à manifester. Ce n'est clairement pas démocratique.

Pour pouvoir être autorisé à manifester, il faut obligatoirement être réuni en collectif, avoir un représentant, engager sa responsabilité pénale, être en mesure d'avoir soi-même un service d'ordre pour sécuriser sa manifestation. C'est clairement une limitation très forte au droit de manifester. Et demander aux manifestants de fournir leur propre service d'ordre alors que c'est à l'état de garantir la sécurité des citoyens et la possibilité de manifester en toute sécurité est une aberration.

Dans le cas de ce groupe qui voulait manifester, les gilets jaunes, on leur a répondu que s'ils voulaient manifester ils pouvaient aller sur le Champ de Mars. Quiconque connait un peu Paris comprend un peu l'insulte de cette réponse. Le Champ de Mars c'est un champ au milieu de Paris où tu peux crier en toute tranquillité sans gêner personne puisque personne ne t'entend. C'est un lieu de manifestation pour les manifestations qui ne sont pas faites pour être entendues. C'est un lieu clos où il est très facile d'encercler les manifestants pour les gazer à loisir sans possibilité qu'ils ne s'échappent. En faisant cette proposition, le gouvernement ne pouvait pas s'attendre à ce que les manifestants sautent de joie.

Alors on les a laissé aller sur les Champs-Elysées et on les a attendu avec des canons à eau, des gaz lacrymogènes, des grenades assourdissantes, des flashballs, tout un arsenal de guerre mis en place contre de paisibles citoyens qui voulaient simplement s'exprimer. On a gazé des papys et des mamies, on a matraqué des mères et des pères de famille, on a arrosé au jet d'eau d'égout tous les passants qui avaient le malheur de passer par là. Juste sur l'argument juridique que la manifestation n'était pas autorisée et que toute personne qui manifeste sans en avoir l'autorisation mérite ce genre de réactions disproportionnées de l'état. En résumé, le moto de cette prétendue démocratie c'est "dégage et tais toi!".

Vous avez parlé de violence? Je me demande très clairement de quel côté elle se trouve la violence. Il y a du maintien de l'ordre qui s'apparente beaucoup à de la violence d'état...

samedi 24 novembre 2018

Crazy Rich Asians

Rachel et Nick vivent à New-York et s'aiment. Nick doit rentrer à Singapour pour le mariage de son meilleur ami dont il sera le témoin, il propose à Rachel de l'accompagner. Sa famille vit à Singapour et ce sera donc à Rachel l'occasion d'être présentée à sa possible belle-famille. Rachel accepte mais ne sait rien de la famille de Nick. Issue d'un milieu très modeste, élevée par une mère célibataire, elle ne sait pas que Nick est l'héritier de la famille la plus puissante et la plus riche de Singapour. Elle ne sait pas que tout le monde parlera d'elle sur les réseaux sociaux avant même de l'avoir vue, elle ne sait pas qu'elle subira la haine de toutes les femmes qui rêvent de mettre la main sur le beau Nick. En descendant de l'avion à Singapour, elle découvre une vie complètement irréaliste à laquelle rien ne la préparait. Heureusement elle a tout de même une amie de fac sur place...

Que dire de ce film? Evidemment ce n'est pas une grande réflexion philosophique sur la vie, ce n'est pas un film qui stimule l'intellect, mais c'est un film très bien construit, avec de superbes images, et on passe un bon moment. J'ai aimé.


jeudi 22 novembre 2018

Slip rose (1/2)

19 novembre, le maillot de bain rose commandé fin septembre est enfin entre mes mains. C'était fin septembre, je rentrais de mes vacances à Ibiza, j'étais tout bronzé, je trouvais qu'un maillot de bain rose serait superbe sur ma peau bronzée pour ma rentrée au club de natation. Je ne commande pour ainsi dire jamais sur internet, je privilégie les achats en vrai dans les boutiques où je rentre. Mais trouver un maillot de bain rose ça relève de l'impossible quand on habite à Paris. On ne trouve que du noir ou du bleu marine, aucun parisien ne porterait un maillot de bain rose dans sa piscine de quartier, trop peur du quand dira t'on. Alors j'avais cherché sur internet, et j'avais fini par trouvé. Dimanche 30 septembre, la commande était lancée, livraison en Colissimo attendue dans la semaine, pile dans les temps pour pouvoir être étrenné sur la plage de Torremolinos la semaine suivante.

C'est bien la technologie, on t'envoie des messages pour te dire où en est ta commande, et mercredi matin j'avais un message m'informant que mon Colissimo était dans ma boîte à lettres. Sauf qu'en arrivant chez moi, il n'y avait rien dans ma boîte à lettres. J'ai donc été à la poste (ça tombe bien, j'habite dans le bâtiment au-dessus) et je suis tombé des nues. Le préposé au guichet m'a dit que c'était fréquent, une dame présente était là pour la même raison d'ailleurs, et qu'il fallait faire une réclamation à Colissimo. Lui ne pouvait rien faire en s'en foutait complètement. Il est parti dans une diatribe sur la poste c'était mieux avant, qu'elle avait été démantelée et privatisée par les gouvernements successifs, qu'il était bien content d'être bientôt à la retraite parce que c'était devenu un service de merde. Je lui ai quand même fait remarquer que ce n'était pas Macron qui avait volé mon maillot de bain et qu'il pouvait afficher un peu plus de respect pour l'entreprise qui le paye, surtout sur son lieu de travail. Ça ne lui a fait ni chaud ni froid.

Bref, je suis rentré chez moi et le lendemain j'ai contacté l'entreprise à laquelle j'avais commandé le maillot de bain et fait ma réclamation à Colissimo (qui ne se fait que par internet, on aime bien le virtuel chez ces gens là). La semaine suivante je partais à Malaga sans mon maillot de bain.

A mon retour de vacances, Colissimo m'avait fait une réponse type (Les informations recueillies auprès de nos services de livraison confirment que ce colis a fait l´objet d´un dépôt dans votre boite aux lettres / La distribution de cet envoi est confirmée par un enregistrement électronique, qui conformément aux caractéristiques et conditions générales de vente disponibles sur notre site internet, vaut preuve de livraison / Nous vous informons par ailleurs que La Poste n´a pas un accès exclusif aux boites aux lettres) accompagnée d'une menace (ce message est confidentiel. Sous réserve de tout accord conclu par écrit entre vous et La Poste, son contenu ne représente en aucun cas un engagement de la part de La Poste. Toute publication, utilisation ou diffusion, même partielle, doit être autorisée préalablement). Evidemment j'étais en rage, et j'ai fait une deuxième réclamation, qui m'a valu quelques jours plus tard la même réponse type. En résumé c'est pas la faute de la poste si des gens se servent dans les boîtes aux lettres. Et si plusieurs personnes ont le même problème, c'est juste une coïncidence malheureuse, la poste ne saurait être mise en cause. Une chose est certaine, je ne suis pas prêt de me faire livrer quoi que ce soit par la poste à nouveau.

Une semaine plus tard, j'ai recontacté l'entreprise à laquelle j'avais commandé le maillot de bain. Ils avaient reçu la même réponse inutile de Colissimo. On pouvait me renvoyer mon produit, mais dans un point relais évidemment, il fallait juste que je renvois une déclaration confirmant que je n'avais pas reçu le produit commandé et une photocopie de ma pièce d’identité. On était le 26 octobre. Le temps que je pense à photocopier et scanner les pièces nécessaires, on était déjà en novembre, je n'avais plus vraiment d'urgence pour recevoir mon maillot de bain. Finalement la nouvelle commande est partie le lundi 12 novembre. J'ai reçu un message de Colissimo m'informant que ma commande était en route. Puis... plus rien!

dimanche 18 novembre 2018

Les chatouilles

L'histoire d'une femme marquée par son enfance et les attouchements d'un adulte ami proche de la famille, attouchements réguliers et répétés dans le temps. Le sujet n'est pas facile et je n'ai pas vraiment apprécié le parti pris de la narration fantaisiste choisi par la réalisatrice et actrice (puisque ce film est manifestement basé sur un vécu personnel, qui a été mis en scène au théâtre avant d'être porté au cinéma par la victime et son mari. Je ne sais pas si c'est un acte de guérison à long terme et si cette femme a décidé d'y consacrer sa vie, mais ce n'est pas une démarche que je comprends, pour moi ça ressemble plutôt à de l'auto-mutilation perpétuelle. Mais je m'égare, revenons au film). Il y a donc une narration dans l'enfance, une autre narration au présent, une fuite parallèle dans la drogue et la violence gratuite, une rencontre avec un psy et des échanges entre le présent et le passé où la narratrice, nous parle, se parle, parle à un autre elle. J'ai trouvé ça décousu. Je ne sais pas s'il y avait une volonté de ne pas tomber dans le pathos pour ne pas faire un truc trop larmoyant, mais du coup le résultat est presque inverse. Je n'ai pas aimé. Il n'y a que le dernier quart d'heure qui vaut le détour, c'est dommage.

(et j'ai trouvé regrettable que le rôle du pédophile soit interprété par un homme révélé au grand public pour ses rôles homosexuels. Dans l'imaginaire commun de beaucoup d'ignorants, un homosexuel est un pédophile en puissance. J'ai trouvé ce choix gênant)