lundi 18 septembre 2017

Barbara

C'est le genre de film où à un moment tu te demandes pourquoi tu regardes ces conneries et tu te lèves. En fait quand je parle de film, j'exagère un peu, c'était juste une ébauche de film. Apparemment ils ont tourné des scènes, puis comme ils n'ont pas trouvé de monteur pour mettre le tout en forme, ils nous ont balancé tout dans le désordre en espérant que ça passerait pour une posture artistique. Manque de bol, c'est raté!

De quoi ça parle? Bonne question. Le titre du film c'est Barbara, mais si vous pensez voir un film sur la chanteuse Barbara, ce n'est pas ça. C'est un film sur le tournage d'un film sur Barbara avec quelques archives d'époque glissées au hasard. D'ailleurs à un moment l'actrice qui interprète Barbara demande au réalisateur s'il fait un film sur Barbara ou sur lui. C'est la seule réplique que j'ai retenue du film. Un film à ne pas voir.


jeudi 14 septembre 2017

Voyage folklorique

C'était dans l'avion du retour de Malaga. Quand j'étais passé à l'enregistrement j'avais eu la place 5C. Chouette m'étais-je dit, je suis dans l'allée à l'avant, je ne perdrais pas de temps à l'arrivée, je serai dans les premiers sortis de l'avion.

On embarque, je m'installe, tout va bien. Puis, alors que l'embarquement est pratiquement terminé, une femme arrive pour la place restante à côté de moi. Une femme avec un bébé en bas âge. Un bébé, ça fait forcément du bruit, et je vais forcément me prendre des coups de pieds ou de bras, en espérant échapper à l'éventuelle bave ou pire. Finalement le vol ne sera pas si calme.

Heureusement pour moi, son mari est avec elle mais n'a pas pu avoir de place à côté d'elle et me propose un changement de place. Evidemment j'accepte, comment dire non, et me retrouve au 14F. C'est là que tout commence...

Quand j'arrive au rang 14, toutes les places sont occupées. L'hôtesse demande aux passagers de vérifier leur place, un fauteuil se libère. Ce n'est pas le mien, mais la femme qui l'occupe veut être au hublot. Perso je m'en fous complètement, tant que je ne suis pas au fauteuil du milieu tout me va, ce sera donc le siège dans l'allée.

Je vais pour m'installer, mais m'aperçois que le fauteuil est mouillé, je me dirige donc vers les toilettes pour chercher du papier. L'hôtesse m'intercepte au passage, je lui explique, heureusement que mon niveau d'espagnol s'est amélioré, elle prend le papier aux toilettes et m'accompagne pour nettoyer le siège. En arrivant il est propre, la femme à qui j'ai laissé le fauteuil du hublot dit qu'elle vient de l'essuyer. L'homme assis au milieu est muet. Je m'assieds, c'est parti.

L'avion commence à se mouvoir sur la piste, puis passe sur la piste de décollage et commence à accélérer. Et là je sens tout le groupe d'espagnols derrière moi qui bat à l'unisson, puis qui commence à taper des mains pour encourager l'avion. Certains passagers devant se retournent, n'en croyant pas leurs oreilles. Apparemment je suis juste à la frontière entre le groupe d'espagnols et le reste de l'avion. Enfin l'avion décolle, sous les applaudissements.

Une fois l'avion stabilisé en hauteur, une voix derrière crie "grand-mère, la bouffe!" La femme du hublot, qui manifestement est la grand-mère même si elle ne me semble pas si âgée, sort alors un énorme sac qu'elle avait caché sous son fauteuil et tend les victuailles à la ronde, le repas peut commencer. Je n'ai pas eu besoin de voir ce qu'ils mangeaient, mon nez a reconnu l'odeur infecte du Mac Do. Ils ne pouvaient pas manger leur merde avant? J'étais dégoûté et ça se voyait.

J'ai essayé de fermer les yeux et de dormir, je dors très bien en général dans l'avion, souvent même je m'endors avant le décollage. Sauf qu'une gamine est venue se mettre sous mon nez dans l'allée pour demander à grand-mère des bonbons. Que grand-mère lui a donné. Puis sa grande sœur. J'ai jeté un regard bien noir, le paquet de bonbons est parti à l'arrière.

Puis la gamine est revenue, je veux de l'eau. Grand-mère lui a tendu une bouteille, elle a bu une gorgée, a rendu la bouteille. Elle est revenue dix minutes plus tard. J'avais compris que je ne pourrais pas dormir et sorti mon livre. J'ai mis mon livre sur le chemin entre la bouteille d'eau et la gamine, pas question d'avoir des conneries qui passent sous mon nez pendant tout le vol. Grand-mère n'a rien dit, grand-père non plus, la gamine n'est plus revenue.

C'est la grande sœur qui est revenue, s'installant dans l'allée pour bavarder au dessus de moi avec la grand-mère. Elle s'est accoudée à mon dossier, je l'ai immédiatement fusillé du regard, elle a enlevé son bras et s'est excusée. Puis elle a commencé à parler avec la grand-mère, impossible de lire. Je l'ai donc fixé du regard méchamment jusqu'à ce qu'elle se casse, ça n'a pas duré longtemps. Mais enfin, les gens n'ont aucune éducation?

A un moment, je ne sais pas pourquoi, ils ont décidé de se mettre à chanter. Je crois que la réaction des autres passagers les a calmé. Heureusement que le vol ne durait que deux heures trente.

Bien sûr grand-mère a eu besoin de se lever pour aller aux toilettes, grand-père aussi mais pas en même temps ça aurait été trop facile. Grand-père a voulu boire un café, le café a fini par terre, mon pantalon y échappant de peu. Grand-mère a épongé, grand-père fait partie de cette génération où les hommes ne font rien et laissent les femmes travailler. La touillette, projetée trop loin pour elle, est restée par terre, voisinant avec les olives vertes qui jonchaient déjà le sol. Il y a des gens qui ont besoin de laisser des traces de leur passage partout où ils vont.

Enfin il y a eu l'atterrissage, et je me suis cru dans un manège de fête foraine. La descente a commencé, et chaque palier était commenté à haute voix. Quand la piste fut proche, il y a eu des encouragements fébriles de tout le groupe, suivi d'une salve d'applaudissements quand l'avion a touché le sol, accompagné d'un tour de chant. Je crois bien que je n'avais jamais connu un trajet aussi bruyant. Vu la tête de certains voisins, eux non plus.

Je me suis dit que ce groupe d'espagnols qui partaient à l'assaut de Paris allait être bien surpris. Les parisiens ne sont pas aussi bruyants et ne supportent pas vraiment qu'on leur crie dans les oreilles ou qu'on les bouscule sans s'excuser.

mardi 12 septembre 2017

Procession

Ce tableau, Una cofradia pasando por la calle Génova, Sevilla, de Alfred Dehodencq, fait partie des collections permanentes du musée Carmen Thyssen de Malaga. A vrai dire, je ne lui trouve rien de remarquable, je le trouve globalement trop sombre. Mais j'ai tout de suite remarqué le visage de cette femme au premier plan qui ne regarde pas la procession. Pourquoi? Qui est-elle?

Il y a un autre personnage qui ne regarde pas non plus la procession, un homme un peu plus haut avec une raie au milieu. Si le visage de la jeune fille est avenant et présente une attitude amicale envers le peintre, l'expression de l'homme est moins certaine. Interrogation? Surveillance? Notre imagination se laisse aller et voit en lui un amoureux transi de la jeune femme du premier plan qui ne regarde pas d'un bon œil ce peintre baroudeur qui semble accaparer l'attention de la jeune femme. Un amoureux éconduit? Et vous, que voyez-vous dans cette scène?

Ce tableau a été peint à Séville en 1851 , c'est une commande des ducs de Montpensier pour leur résidence locale, le palais San Telmo. Il représente le passage d'une confrérie religieuse pendant la semaine sainte à Séville.

 

vendredi 8 septembre 2017

Malaga (10)

Quatrième escapade à Malaga pour quelques jours de soleil. Malaga c'est une plage qui s'étend sur des kilomètres et où on n'est jamais les uns sur les autres, c'est un centre-ville complètement piétonnisé avec un charme architectural évident, un bon équilibre entre la culture et la plage.

Maintenant que j'y ai mes habitudes, mes journées sont souvent identiques. Le matin est consacré à la ville et à la culture (cette fois-ci j'ai découvert le musée Carmen Thyssen, en plus de mes déambulations habituelles dans les églises que j'adore, et je ne peux pas passer à Malaga sans faire une pause dans la petite église des Martyrs), je prends ma pause déjeuner sur la place de la Merced, l'un de mes endroits préférés à cette heure de la journée, et l'après-midi je m'étale sur la plage entre deux baignades.

Le soir j'erre dans la ville, j'essaie de nouveaux endroits pour dîner, j'admire les lumières sur les ruines du forum romain, de la forteresse arabe, ou sur les clochers des églises. Je ne suis pas un adepte des endroits bruyants, je ne bois pas et ne fréquente pas les bars à la mode, je me repose.

Malaga ce sont des parenthèses de repos et de soleil, de lectures espagnoles et de nourritures andalouses. Avant la nourriture espagnole se limitait pour moi à cochonnailles et fritures, mais je commence à avoir mes repères végétariens, à savoir où trouver des jus de légumes frais ou des tartines sans cochon ni fromage. Je pense que Malaga va rester un bon moment dans les coins où je m'échappe quand j'ai besoin de voir la mer et de goûter le soleil.