mercredi 28 mars 2018

Parc canin

Je l’avais déjà remarqué à Séville, je l’ai revu à Valence ces jours passés; en Espagne il y a dans les jardins publics des espaces clos pour les chiens. Ce sont des espaces où les chiens sont détachés et jouent entre eux en toute liberté. Et il y a des pelles et balais pour que les propriétaires ramassent les crottes de leur chien et les mettent à la poubelle. C’est hyper banal et hyper simple comme idée, mais quand on essaie d’imaginer la même chose en France, on se rend vite compte qu’on ne vit pas dans les mêmes réalités.

En France les chiens sont élevés pour être toujours attachés et gueuler sur le premier chien qui passe à côté. Plus le chien tire sur sa laisse, plus le maître au bout de la laisse et content. Du coup on se retrouve avec des chiens qui s’attaquent entre eux, comportement qui n’est absolument pas naturel, mais le fruit d’une éducation malveillante. Je l’ai encore constaté lors de mon dernier jogging à Boulogne, un chien en liberté qui a attaqué un autre chien et lui a à moitié arraché l’oreille. Notre société du chacun pour soi arrive même à avoir des conséquences néfastes sur le comportement de nos animaux.

Quant à l’option ramassage des crottes, on sait bien que le français moyen s’estime trop intelligent pour ramasser les crottes, d’autres le feront pour lui. Et laisse une pelle en libre-service quelque part, tu trouveras toujours quelqu’un pour se l’approprier, les notions de civisme et de bien commun n’existent pas en France. C’est fou ce qu’un simple enclos pour chiens peut révéler sur notre société malade !

lundi 26 mars 2018

Fallas 2018 (fin)





Le dimanche, 18 mars, c'était le jour du retour pour moi. Les fallas n'étaient pas finies, le manteau de Notre-Dame des Abandonnés n'était pas fini, il y avait un deuxième jour d'offrande, une autre mascleta, un autre feu d'artifice, mais il fallait rentrer. A vrai dire, je n'avais pas vraiment besoin d'en voir plus.

J'allais manquer le dernier jour, le 19 mars, celui où toutes les fallas sont brûlées, mais les crémations ça n'est pas vraiment mon truc. Et puis j'ai quand même l'impression que c'est un grand moment de cohésion sociale, mais pas une fête pour les touristes. D'ailleurs la plupart des allocutions ne sont pas en espagnol mais en patois local. Je ne verrais donc pas le manteau de la madone terminé, ni le tableau de fleur devant la chapelle. La dernière photo n'est pas de moi, c'est quelque chose que je n'ai pas vu.

Je ne regrette pas d'être venu, j'avais besoin de changer d'air et de me changer les idées, mais je n'ai pas l'impression que ce soit quelque chose qu'on fait deux fois dans sa vie. En tout cas pas en solitaire. Par contre en groupe et pour se bourrer la gueule, ça doit être très sympa, mais je ne bois plus.


samedi 24 mars 2018

Fallas 2018 (3)

A Valence dès la sortie du train c'était la cohue, le bruit des pétards et les odeurs de graillon, ce n'est pas le genre de fête où on croque des pommes et boit des jus de fruits. L'offrande était bien entamée déjà, deux flots continus de gens endimanchés marchaient au pas avec l'accompagnement de leur petit orchestre. Chaque quartier avait son porte-drapeau, sa reine du jour (reconnaissable à ce qu'elle marchait seule et avec un bouquet multicolore), son flots de personnes en lignes bien espacées avec un bouquet identique pour toutes les femmes, et son orchestre musical. Une chorégraphie bien orchestrée, pour un flot qui semble ne jamais terminer. Il y a deux trajets qui aboutissent à la place de la Vierge devant la statue de Notre-Dame des Abandonnés où les bouquets sont offerts. Des personnes sur place ont la tache de placer les bouquets sur le manteau de la madone, suivant un motif qui change tous les ans, tandis que les deux flots de personnes continuent à avancer pour se disperser plus loin. Je suis resté quelques temps, mais ça semblait vraiment sans fin.

D'ailleurs quand je suis repassé le soir, ce n'était toujours pas fini, à minuit il y avait encore des gens qui défilaient pour apporter leur bouquet de fleurs. Je n'imagine pas tout le travail d'organisation qu'il y a derrière. Ensuite il y a eu un autre superbe feu d'artifice sur le paseo de Alameda, une autre journée bien remplie.









jeudi 22 mars 2018

Cullera

Aujourd'hui c'est la Saint Patrick, mais pour les gens de Valence ça ne veut rien dire, pour eux c'est le jour de l'offrande, le jour où les habitants de la ville vont offrir des fleurs à Notre-Dame des Abandonnés. En traversant la ville en cette fin de matinée en direction de la Gare du Nord, je croisais déjà pleins de gens en tenue d’apparat alors que l'offrande ne devait commencer qu'à 15h30, après que la mascleta de 14h ait été tirée et que la foule se soit dispersée pour laisser place aux cortèges. Moi j'allais prendre le train pour Cullera, station balnéaire au sud de Valence, j'avais prévu de revenir en fin d'après-midi.

Quand je suis arrivé à la Gare du Nord, j'ai tout de suite compris que je n'allais pas dans le bon sens. Il y avait une foule tellement immense qui descendait des trains que des agents étaient obligés de faire la circulation et tous les trains repartaient en retard, une véritable marée humaine de spectateurs se déversait dans la gare. A contrario le train dans lequel je suis parti était désert, mais je voyais à chaque station sur le quai d'en face la foule des gens qui attendait le prochain train pour Valence. J'ai aussi découvert en traversant les villages que les fallas n'avaient pas seulement lieu à Valence, mais aussi dans les villages alentour.

Arriver en train à Cullera est un peu déconcertant. La gare est en dehors de la ville, dans une banlieue commerciale où les gens viennent en voiture, derrière la montagne qui nous sépare de la mer. La ville est plutôt construite sur l'autre versant de la montagne, on se demande un peu où on arrive. Aucune indication pour le touriste, mais j'avais anticipé et je savais où j'allais.

En arrivant dans la partie ancienne du village, je suis tombé sur un défilé en grande tenue. Pas de fleurs à offrir à une madone, mais tout de même la ville défilait en tenue de fête, les femmes avaient des robes longues en tissus d'ameublement et les hommes des culottes et des bas, il y avait un orchestre et les insignes de la ville étaient de sortie, le circuit était pavoisé. Je n'ai fait que passer, pour moi cette fête est plutôt un événement de cohésion sociale et le touriste ne m'y semble pas forcément bienvenu. 

Je me suis dirigé vers le front de mer, mais le ciel s'est couvert et il s'est mis à pleuvoir de façon suffisamment persistante pour me contraindre à acheter un parapluie. L'option farniente sur la plage n'était plus envisageable. Je me suis promené un peu dans cette ville déserte d'un côté et pleine de l'autre mais dans une fête privée, puis j'ai pris le chemin du retour. Il y a eu une mascleta, le soleil est revenu, les festifs buvaient, j'ai repris la direction de la gare. Ça a l'air assez joli comme petite station balnéaire, mais c'est sûrement plus agréable quand il fait beau et chaud. Il bruinait à nouveau quand je suis arrivé à la gare sur un quai presque bondé.







mardi 20 mars 2018

Fallas 2018 (2)

J'ai repris le métro en direction de Valence où j'avais prévu d'assister à la mascleta devant l'hôtel de ville. C'est quoi une mascleta? Une sorte d'immense pétarade qui t'en met plein les oreilles pendant dix minutes. J'étais un peu surpris de voir la foule que ça attirait. Déjà j'ai dû descendre deux stations avant parce que les stations de métro du centre ville était closes à cause de la manifestation. Ensuite j'ai marché dans une foule d'une densité assez extrême, et c'est dans ces cas là que je suis content de ne pas mesurer 1m50, ma taille me permet de voir au dessus des têtes. Puis je me suis positionné dans un endroit où j'avais une vue assez dégagée, et j'ai attendu. A 14h tapantes le premier pétard annonçant l'événement a été lancé pour avertir la foule. J'ai mis mes bouchons d'oreille dans un silence religieux, et le spectacle a commencé. C'est bref, mais c'est intense, je suis un peu soufflé par le nombre de pétards qu'on peut faire éclater en si peu de temps, on sent les vibrations à travers le sol, c'est presque un orgasme public.

Ensuite la foule s'éparpille, la marée humaine bouge. Je n'avais pas l'intention de rester dans la foule, j'ai marché jusqu'à la première station de métro ouverte et j'ai été sur le bord de mer. C'était beaucoup plus calme, mais les perroquets étaient absents des palmiers et le bruit des pétards persistait au lointain. Il y avait du vent, un vent désagréable qui faisait voltiger le sable. Je ne me suis pas mis en maillot de bain, mais je me suis tout de même allongé torse nu pour profiter un peu du soleil dont je suis tant sevré à Paris ces temps-ci. Ça fait un bien fou de sentir la caresse du soleil sur sa peau.

Trois heures plus tard, le soleil a commencé à baisser à l'horizon, il était temps de se rhabiller. Je suis retourné en ville à pieds, traversant une banlieue avec des fallas et des vendeurs de sucreries et de chocolat chaud tous les cent mètres. Je n'ai pas résisté à quelques buñuelos de calabaza de plus, que j'ai dégustés au couchant devant la Cité des Arts et des Sciences avant de rentrer à l'hôtel faire une pause.

Le soir il y avait un feu d'artifice sur le paseo de Alameda, je m'en suis pris plein les yeux, j'ai adoré.







dimanche 18 mars 2018

Manises

Je ne suis pas un amateur de grandes foules ni de beuveries, vous le savez. Quelque part vous vous demandez même peut-être ce que j'ai été faire à Valence en cette période de fête. La raison est simple; j'ai regardé la météo et c'était la seule partie de l'Espagne où il faisait un temps correct, les espagnols ont un temps aussi pourri que les français en ce mois de mars, et j'avais vraiment envie de pouvoir profiter du soleil. Donc j'ai été à Valence, mais en prévoyant d'en sortir pendant la journée pour visiter les alentours. Ce vendredi 16 mars, j'ai pris le métro pour le village de Manises.

Manises est connu pour ses céramiques. C'est un tout petit village en périphérie de Valence où il n'y a pas grand chose à faire, mais on y trouve un superbe musée qui montre un panorama de la céramique produite à Manises du 14ème siècle à aujourd'hui, et le centre ville historique est plein de petites maisons parées de céramiques, c'est très mignon. On trouve bien sûr des boutiques de ventes de céramique tous les dix mètres et il ne faut pas manquer la rue principale bordée de panneaux en céramique qui expliquent le mode de création de la céramique sur pratiquement une centaine de mètres.

Ça ne m'a pas pris beaucoup plus de deux heures pour faire le tour du village, mais ça repose un peu de la foule de Valence, même si ici aussi les enfants font éclater des pétards toutes les deux secondes. Je me demande comment les animaux domestiques supportent tout ce boucan et les oiseaux dans les arbres ont l'air d'avoir quitté la ville, on ne les entend pas.