jeudi 2 août 2018

My Lady

Fiona Maye est juge pour enfant et se retrouve à devoir trancher le cas d'un adolescent hospitalisé qui pourrait être soigné mais qui refuse la transfusion sanguine parce que sa religion le lui interdit. Doit-on le transfuser malgré lui? C'est à elle de prendre la décision et de subir les paparazzi et les foudres des fanatiques religieux.

Dans le même temps son mariage vole en éclat. Son mari lui rappelle qu'ils ne partagent plus rien en commun, que sa vie professionnelle a pris le pas sur toute vie privée, et lui lance l'ultimatum d'avoir une affaire extra-conjugale si elle ne lui accorde pas plus d'attention.

Coincé entre ses deux situations, la vie de Fiona se fissure sans qu'elle sache vraiment vers où aller. C'est un film émouvant, qui m'a beaucoup touché, probablement aussi parce qu'Emma Thompson est une actrice que j'adore. C'est un film qui plaira aux amateurs de littérature anglaise aussi et qui m'a remis en mémoire quelques événements d'une vie post-adolescente qui sont teintés pour moi d'une nostalgie romantique éternelle. J'ai aimé, mais il me faut bien admettre que c'est un film où il ne se passe rien et où on peut probablement s'ennuyer si on n'est pas dans le bon état d'esprit. Pour moi c'était un joli mélodrame.


mardi 24 juillet 2018

Junk food

Souvent quand on est en vacances à l'étranger, on se trouve face à un petit problème quand on veut manger sainement. Quand on est chez soi ou dans son pays, on a des réflexes, des habitudes, on sait où trouver les produits qu'on cherche. Quand on est à l'étranger, on est parfois un peu perdu. Grosso modo on te sert de la junk food à tous les coins de rue et si tu veux manger sainement il faut aller dans un restaurant qui coûte les yeux de la tête. 

Au début de mes escapades espagnoles, c'était un problème pour moi. La comida basura, on en trouve à tous les coins de rue. Il y a pourtant des réflexes assez simples qu'il est facile d'avoir un peu partout. Dans tous les pays du monde, il y a des marchés, ou à défaut des supermarchés. C'est une très bonne habitude à prendre pour qui veut manger des fruits frais. Avec un peu de chance tu trouveras même des jus de fruits faits sur place et sans tous les additifs qu'on trouve dans le commerce. Tu trouveras peut-être même des spécialités locales avec des produits sains. Penser à aller au marché a été un changement très bénéfique pour mon alimentation quand je voyage.

Vous allez me dire que vous ne partez pas en vacances pour faire la cuisine. Moi non plus. D'ailleurs je ne fais pas vraiment la cuisine quand je suis à Paris non plus. Et quand je suis en vacances je prends plaisir à m'asseoir à une table de restaurant tous les soirs et à découvrir les milles délices possibles qui me sont proposés. Par contre le midi je me contente généralement de manger des fruits et de boire de l'eau ou des jus frais. Mais j'évite soigneusement toutes ces merdes que sont les pizzas synthétiques ou les sandwichs en carton. Et s'il m'arrive de craquer pour une empanada, ce sera une empanada aux légumes, aux épinards ou aux poivrons.

Le soir j'aime dîner dehors, mais je prends le temps de me poser à une table, je me refuse à prendre un truc à emporter qui n'aura aucun qualité ni gustative ni nutritive. En général dans tous les restaurants on trouve à la carte des légumes ou des salades, et ce n'est pas vraiment si compliqué que ça de manger sainement. Il faut juste prendre le temps de s'asseoir, on trouve rarement des woks de légumes à emporter. Ça coûte plus cher? Un peu, mais vous n'êtes pas obligé de boire de la bière, du vin ou une dizaine de mojitos. Pour moi c'est facile, je ne bois pas d'alcool; une eau pétillante fait mon bonheur et c'est bon pour mon teint.

dimanche 22 juillet 2018

Come as you are

Cam se fait surprendre en train de faire l'amour avec une autre fille, sa meilleure amie, à l'arrière de la voiture de son copain officiel. Ça ne se passe pas bien du tout, sa tante (elle a perdu ses parents) l'envoie dans un centre de redressement religieux pour qu'elle retrouve le droit chemin et oublie définitivement ses attirances homosexuelles. Elle se retrouve donc dans un endroit isolé avec d'autres jeunes gays et lesbiennes qu'il faut remettre dans le droit chemin sous le regard inquisiteur de Dieu.

J'étais très intéressé par ce qui pouvait arriver dans ce film, comment le sujet de ces maisons de reconversion serait traité. J'ai été grandement déçu. C'était très convenu, je me suis ennuyé. Et la fin est une fuite qui ne traite rien, comme si le réalisateur ne savait pas où il voulait aller. Un film à voir pour des raisons politiques, un film à supporter pour le sujet qu'il aborde, mais un film où on baille en attendant la suite.


vendredi 20 juillet 2018

Actif ou passif ?

On vit dans un monde binaire, un monde où il faut faire des choix. Aussi bien dans mes rencontres virtuelles que dans mes rencontres réelles, il y a toujours un moment où on me demande si je suis passif ou actif. Ça me met dans un embarras terrible.

En ce moment j'aime bien les Paris-Brest. Mais si on me demandait quel est mon dessert préféré, je répondrais probablement que c'est la tarte au citron (sans meringue si possible). Il m'arrive aussi d'avoir des envies pressantes d'éclairs au café, parfois au chocolat. Qu'en déduire? J'aime la variété, je ne peux pas m'astreindre à n'aimer qu'une seule chose. Pourtant si je ne devais manger que des tartes au citron pour le restant de mes jours je ne serais pas malheureux, ce serait toujours un plaisir d'en manger.

Pour le cul c'est pareil. J'aime autant être passif qu'actif, et vice-versa. Et si je ne devais être qu'actif ou que passif, ce ne serait pas une punition, ça resterait agréable. Curieusement je croise beaucoup de gens qui ne comprennent pas ça. Je croise beaucoup de gens qui ont une sexualité figée, campée dans un rôle dont ils n'imaginent pas changer. Et plus ils sont figés dans leur rôle, plus ils ont du mal à admettre que tu puisses être différent.

Doit-on parler des monomaniaques qui ne baisent qu'avec des gens de telle couleur de peau, telle couleur de cheveux, tel gabarit? Parfois j'ai un peu pitié de cet homme qui n'aime que les roux qui mesurent 1m70 aux yeux verts ou j'ai un peu de dégoût pour cet autre qui n'aime que les noirs qui ont une bite de plus de vingt centimètres ou j'ai un peu d'horreur pour cet homme âgé qui n'aiment que les éphèbes imberbes et gringalets.

Mais surtout je me dis que tout ceci n'existait pas avant l'ère des sites de rencontres, cette époque horrible où les gens se sont mis à choisir leur amant comme s'ils tournaient les pages d'un catalogue. Quand j'étais jeune, on ne savait pas à l'avance si l'autre était passif ou actif et on ne pensait pas à lui demander. On se rencontrait, on se plaisait, et un jour on se trouvait dans un lit ou un sous-bois et on se découvrait. Alors on était parfois actif, parfois passif, on ne se conformait pas à un rôle. Mais maintenant on a tellement de choix qu'on n'essaie plus de s'adapter à l'autre; on s'affiche dans un rôle et on cherche le bon emboîtement. N'est-ce pas un peu dommage? N'a t-on pas perdu quelque chose dans cette sexualité simplifiée?

Du coup je me demande si être actif ou passif sont des choses qui s'acquièrent ou qui sont plus ou moins innées? Est-ce qu'on est actif parce qu'on ne rencontre que des passifs ou est-ce qu'on est actif et qu'on se fait chier dans son coin si on ne rencontre que des actifs?

Je suis plutôt quelqu'un qui s'adapte, mais je n'ai jamais vraiment été individualiste, étant tout aussi attentif au plaisir de l'autre qu'au mien. Il m'est naturel de m'adapter au besoin de l'autre. Mais je rencontre parfois des mauvais coucheurs qui ne pensent qu'à prendre leur pied sans se soucier de l'autre. Sont-ce les mêmes qui sont campés dans un rôle? Peut-on être un bon amant quand on ne pense qu'à soi? Peut-on être un bon amant quand on est que passif ou que actif?

En même temps je m'égare, et personne ne sait vraiment ce qu'est un bon amant. Il faut toujours être deux pour être un bon amant, personne n'est un bon amant tout seul dans son coin. Mais revenons au point de départ: passif ou actif, pourquoi devoir choisir? Je m'y refuse.

lundi 16 juillet 2018

Question de taille

J’étais dans un grand magasin, fouillant dans la pile des polos noirs pour en trouver un à ma taille. Il n’y en avait pas. J’ai regardé par curiosité les autres couleurs, il n’y avait pas de taille M non plus. On pouvait trouver du L, du XL, du XXL, du XXXL, du S, du XS… mais pas de M.

Un peu ahuri, j’ai demandé à une vendeuse présente s’ils vendaient du M. «Oui, m’a-t-elle dit, on vient d’en recevoir, je vais regarder, vous voulez quel couleur?  - Du noir, comme celui que je porte.»  Elle a regardé dans une pile de cartons à côté qui n'avaient pas été déballés, elle n’en a pas trouvé. Elle m’a dit «Il y a un bleu en M si vous voulez - Non, désolé, je ne porte que du noir. »

Il y a un truc quand même un truc que je ne comprends pas. Pourquoi c’est si difficile que ça de trouver dans une grande surface un truc aussi simple et aussi basique qu’un polo noir en taille standard? Si on vit dans une logique de marché de réponse à la demande, pourquoi n'a t-on pas à présenter au chaland plus les tailles que l'on vend plutôt que des résidus de tailles invendables?

samedi 14 juillet 2018

Tully

Marlo est une femme qui ne semble pas vraiment s'épanouir dans son rôle de mère. Elle a deux enfants, dont un qui est ingérable, et est enceinte d'un troisième. Sa vie sexuelle semble inexistante, dans le lit conjugal, son mari joue à des jeux vidéo avec un casque sur les oreilles. Bref, une caricature de la vie de mère au foyer que personne n'a envie de vivre. Et tu te demandes pourquoi cette femme a eu des enfants vu le déplaisir qu'elle prend à les élever, et pourquoi elle en attend un troisième.

Lors d'une visite chez son frère, celui ci lui propose de lui offrir une nounou de nuit pour supporter la venue de ce troisième enfant, une femme qui viendrait le soir et partirait le matin et s'occuperait du bébé la nuit jusqu'à ce qu'il fasse ses nuits, lui permettant de pouvoir passer autre chose que des nuits blanches. Au début ça l'offusque qu'une étrangère puisse venir s'occuper de son bébé, mais elle est tellement au bout du rouleau qu'elle finit par accepter. Tully, la nounou de nuit, fait son entrée, et tout va changer.

Le film semble un peu caricatural au début, on n'en comprend pas vraiment l'utilité. Puis il y a des indices au fur et à mesure qui nous surprennent, nous interrogent. Au final, quand on apprend que Tully est le nom de jeune fille de la mère surmenée, on finit vraiment par se poser des questions sur ce qu'on vient de voir. La nounou de nuit a t-elle vraiment existé?