dimanche 8 juillet 2018

Arbre et chaleur

J’étais à un croisement de rues dans mon quartier, essayant de traverser sur le passage piéton en évitant les voitures garées dessus. Je ne comprends pas que ces passages ne soient pas protégés et que les voitures puissent aussi facilement s’installer dessus. Dans le processus de végétalisation affichée par la ville, je me suis dit que ce serait l’endroit idéal pour mettre des bacs de fleurs, de part et d’autre du passage piéton. Puis j’ai levé les yeux et la dure réalité s’est imposée à moi. Dans cette rue devant moi il n’y avait pas un seul arbre. Pas un seul arbre sur toute la longueur de la rue. Ça en dit long sur l’hypocrisie d’une ville qui nous incite à demander des permis de végétalisation.

Il fait chaud ces jours-ci, le soleil tape sur la ville. On aimerait s’asseoir sur un banc à l’abri d’un arbre quand il fait cette chaleur. Sauf qu’il n’y a pas d’arbres. Et qu’il n’y a pas de bancs non plus. Il n’y a rien pour se protéger du soleil, rien pour atténuer les impacts de la chaleur. La rue est un immense couloir entre les immeubles où la chaleur se répercute de mur en mur, de paroi en paroi, un peu comme dans un four solaire. Tout est fait pour que personne ne s’y arrête, c’est un lieu hostile.

Comment se fait-il qu’il y ait si peu de verdure dans les rues de la ville? A quoi servent les urbanistes? Peut-on réellement penser que l’être humain peut s’épanouir au milieu du béton? Je ne le pense pas. Les trottoirs ne peuvent pas juste être des endroits sous lesquels on fait passer des câbles et conduits de toutes sortes. Il nous faut des arbres, il nous faut des bancs. La ville doit être un lieu de convivialité, pas une prison à ciel ouvert où les gens vivent chacun dans leur cabine sans espace commun pour se rencontrer à l'exclusion d'une place ouverte sous vidéo-surveillance. Il faut repenser l’importance des rues dans la convivialité, l’importance de l’espace public dans le bien être de la nation. Et tant qu’on y est, pourquoi ne pas installer des arbres fruitiers ou des potagers ?

2 commentaires:

  1. Patience, les urbanistes y pensent.
    On voit surgir plein de projets où les rues, les balcons et les toits débordent de végétation.
    Avec le réchauffement climatique Paris sera peut-être une jungle.

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    1. Dans la résidence où j'habite c'est l'inverse. Je suis sur une plaque en hauteur qui était végétalisée quand j'ai emménagé, et un jour ils ont décidé de tout arracher et de tout couvrir de gravier blanc. J'ai un grand espace vide sous les yeux, une tristesse absolue.

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