jeudi 18 janvier 2018

Tolède (1)

En découvrant un peu plus la peinture du Gréco, le nom de la ville de Tolède était rapidement venu dans la liste des endroits en Espagne où il fallait que j'aille faire un tour. Pas d'aéroport à Tolède, mais j'avais noté que c'était à côté de Madrid. J'avais regardé les horaires de train avant de partir et noté qu'il y en avait un toutes les heures au départ de la gare d'Atocha pour un trajet d'une trentaine de minutes, Tolède était sur mon planning du weekend. Maintenant que je connais assez bien Madrid et que je l'ai empruntée dans tous les sens, il est temps de m'intéresser à ses environs.

Ce samedi 13 janvier j'ai pris le train pour Tolède, tout excité à l'idée des peintures du Gréco que j'allais enfin voir. A un moment le train s'est arrêté, nous étions vraisemblablement arrivés à destination. De ma fenêtre je ne voyais que des champs à perte de vue, c'était un peu déroutant. De l'autre côté il y avait la gare, un superbe bâtiment sorti d'un livre de contes de fées en style arabe néo-mudéjar avec des arches, un hall d'accueil avec une énorme hauteur et un superbe plafond à caissons, des vitraux, une tour carrée avec son campanile, un bâtiment qui vaut qu'on prenne le temps de le regarder. C'est d'autant plus surprenant qu'il n'y a rien autour. Une fois sorti de la gare, on a vraiment l'impression d'être au milieu de nulle part.

Je sors de la gare, de l'autre côté de l'immense boulevard désert tous les commerces sont fermés, les rideaux sont baissés. Il fait gris, il bruine, le ciel est bas, je me demande un instant ce que je fais là. Où est la ville qu'on voit dans tous les guides touristiques? Je suis le flot des gens qui ont l'air de savoir où ils vont et finit par apercevoir un marchand de presse ouvert, je m'empresse d'y rentrer pour y trouver un plan de la ville. Eh oui, je fais partie des gens qui se déplacent avec des plans en papier à la main, je ne me promène pas avec le nez dans mon portable à écouter une voix qui me dit d'aller à gauche ou à droite. J'aime m'approprier les endroits où je vais, en avoir une vue géographique globale, être capable de m'y perdre.

Muni de ce nouveau bréviaire, je suis le paseo de la Rosa qui monte tranquillement quand enfin, à la suite d'un tournant, la ville m’apparaît enfin. Il fait gris, il fait froid, mais le panorama est juste magnifique. Instantanément j'adore cette ville qui se dresse sur les rochers en face, isolée par le Tage qui coule en contrebas; je reconnais la silhouette encadrée de quatre tours de l'Alcazar qui surplombe la ville, je suis saisi par le romantisme chevaleresque de cette vision intemporelle.






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