mardi 2 janvier 2018

Cinéma espagnol, 2017

Voir des films en version originale espagnole a été une motivation en 2017. Cependant, même si nous avons une frontière commune avec l'Espagne, il n'y en a pas tant que ça des films espagnols sur nos écrans. Est-ce un gage de qualité quand l'un d'eux arrive jusqu'à nous? Le fait est que chacun des films vus en espagnol cette année est un film que j'ai aimé. Voici les cinq films que j'ai vus en espagnol cette année.


Neruda, de Pablo Larrain. Avec Luis Gnecco, Gael Garcia Bernal, Mercedes Moran, Diego Munoz

Ce film raconte la fuite de Pablo Neruda, poète et homme politique chilien, quand le nouveau président élu, Gonzalez Videla, dans un contexte de guerre froide et sous la pression des Etats-Unis, lance la chasse aux communistes et édite un mandat d'arrêt contre le poète. Ce film nous raconte une fuite totalement romancée traquée par un policier peu futé où le poète joue au chat et à la souris avec son poursuivant. C'est un peu tordu mais ça m'a permis d'entendre une poésie que je ne connaissais pas et m'a donné l'envie d'en connaître un peu plus sur ce poète hispanophone. "Puedo escribir los versos mas tristes esta noche" sera mon premier poème espagnol appris par cœur.


Una mujer fantastica, de Sebastian Lelio. Avec Daniela Vega, Francisco Reyes, Luis Gnecco

Ils s'aiment et vivent ensemble. Sauf qu'elle a vingt ans de moins que lui et qu'en plus elle est transsexuelle. La bonne société a du mal à accepter ce genre de couple. Quand il meurt d'une attaque cardiaque, Marina va subir toutes les humiliations possibles. Dès l’hôpital on lui demande de justifier son existence, on la traite comme une coupable, on la force à se mettre nue, le genre de choses qu'on ne demanderait jamais à une femme ordinaire mariée. On sent bien pendant tout le film la joie perverse qu'a la bonne société à essayer de la nier, la rabaisser, l'insulter, lui rappeler sans cesse son sexe de naissance. Jetée de chez elle, elle va devoir se battre pour survivre, s'affirmer. Comment fait-on son deuil quand on est transsexuelle et qu'on perd son amant?


Las hijas de Abril, de Michel Franco. Avec Emma Suarez, Enrique Arrizon, Ana Valeria Becerril, Joanna Larequi

Valeria est encore mineure mais est enceinte d'un enfant qu'elle a décidé de garder malgré son jeune âge, le fait que son petit ami Mateo n'est pas plus âgé qu'elle, et qu'ils n'ont aucune ressources pour élever un enfant ni même pour se loger et se nourrir. Les parents du jeune garçon sont opposés à cette naissance et ont mis leur fils à la rue, tout ce joli monde squatte dans la maison familiale de bord de mer tenue par la sœur de Valeria, Clara, une femme complètement effacée qui supporte sans rien dire et oublie de vivre sa vie. Clara finit tout de même par informer sa mère Abril de la naissance à venir, et aussitôt la mère débarque. Très vite la situation va déraper... C'est complètement rocambolesque, ça part dans des directions inimaginables, c'est presque au bord du loufoque, et ça laisse sans voix. J'ai beaucoup aimé.


Que Dios nos perdone, de Rodrigo Sorogoyen. Avec Antonio de la Torre, Roberto Alamo, Raul Prieto

Un duo qui fonctionne à merveille, un duo de policiers complètements inadaptés et mis de côté par leurs collègues et la société, l'un pour sa brutalité physique, l'autre pour son bégaiement. Ce sont deux êtres marqués par la vie, avec leurs propres blessures, qui partent à la recherche d'un autre déséquilibré, un tueur en série qui s'attaque aux vieilles femmes. C'est un film où la violence est omniprésente, la violence physique des protagonistes, la violence verbale des échanges, la violence sordide des crimes qui nous sont montrés avec un réalisme cru dont on se serait bien passé. Je n'ai pas aimé cette violence, mais l'ensemble est cohérent et c'est un film remarquablement bien construit, bien interprété, et psychologiquement marquant, un film réussi.


La educacion del Rey, de Santiago Esteves. Avec Matias Encinas, German de Silva, Walter Jakob, Elena Schnell

Reynaldo se trouve contraint de faire un cambriolage qui tourne mal. En s'enfuyant à travers les toits, il tombe dans la maison d'un couple âgé qui, curieusement, ne le dénonce pas à la police, mais lui propose en échange de réparer la serre qu'il a cassé en tombant. Une relation se crée entre le jeune cambrioleur et le couple plus âgé. Mais la vraie vie, le monde extérieur, ne l'oublie pas. Son frère, acolyte du cambriolage, est torturé pour dire où est l'argent qui a été volé et que Reynaldo a caché, les commanditaires du cambriolage sont à sa poursuite. J'ai beaucoup aimé la relation qui se crée entre le jeune cambrioleur et cette figure paternelle d'adoption, ce parcours éducatif pour survivre dans un monde hostile. Un film avec de belles valeurs humaines.

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