jeudi 4 janvier 2018

Cinéma, best of 2017

Comme tous les ans, j'ai essayé de me plier à l'exercice du top 10 des films que je retiens de mon année cinématographique. Cette année je n'ai pas réussi à faire une liste aussi petite, un classement aussi mesquin. Il n'y a pas un film qui survole les autres, mais plusieurs films que j'ai appréciés et qui m'ont marqué. Donc cette année pas de top 10, mais cette liste des films que je souhaite voir passer à la postérité, des films qui m'ont éduqué et fait réfléchir, qui m'ont ému, qui ont été des marqueurs de notre temps. Les voici, dans un ordre purement chronologique.

Moonlight, de Barry Jenkins. Avec Alex R Hibbert, Ashton Sanders, Trevante Rhodes, Naomie Harris
Tu en as vu beaucoup toi des films homosexuels noirs? Moi pas. Et dans ce film j'ai trouvé une justesse de ton que j'avais rarement vu ailleurs. Un film pour la visibilité homosexuelle noire, un film éducatif contre certains préjugés.


Il a déjà tes yeux, de/avec Lucien Jean-Baptiste, avec Aïssa Maïga, Zabou Breitman, Vincent Elbaz
Le sujet pouvait prêter au caricatural, un couple noir qui adopte un enfant blanc, et je craignais le risque du film à côté de la plaque qui sous prétexte de faire de l'humour se montre parfaitement raciste. Le caricatural ici est évité, les incidents sont traités avec justesse, et j'ai beaucoup aimé. Une dénonciation en douceur du racisme quotidien.


Chez nous, de Lucas Belvaux. Avec Emilie Dequenne, André Dussollier, Guillaume Gouix, Catherine Jacob
Ce que nous décrit avec un réalisme fulgurant cette fiction, c'est le fonctionnement du Front de la Haine et sa force de manipulation et de tromperie. Un film à voir absolument!


Noces, de Stephan Streker. Avec Lina El Arabi, Sébastien Houbani, Alice de Lencquesaing
Jeune adolescente belge ordinaire, quand elle rentre à la maison, elle franchit une barrière de civilisation et pénètre dans la culture pakistanaise de ses parents. Deux mondes qui cohabitent pacifiquement jusqu'au jour où la famille décide qu'elle est en âge de se marier et lui propose donc un mariage arrangé. Comment résister à sa famille quand on veut juste vivre sa vie à soi?


1:54, de Yan England. Avec Antoine-Olivier Pilon, Sophie Nélisse, Lou-Pascal Tremblay
Un film sur le harcèlement en milieu scolaire via les réseaux sociaux. Les gens de ma génération ne peuvent pas imaginer avec le poids des réseaux sociaux comment la vie peut être difficile quand on n'est pas populaire dans son lycée. Aujourd'hui quand chaque élève a un smartphone et un compte social sur un réseau, le harcèlement est 24h/24 et ne se limite plus à la vie dans l'enceinte du lycée. Tu imagines combien ta vie elle peut devenir très pénible si le monde entier découvre que tu suces des bites? 


Corporate, de Nicolas Silhol. Avec Céline Sallette, Lambert Wilson, Stéphane De Groodt
Un film qui raconte les rouages macabres d'une entreprise qui ne licencie pas parce que ce n'est pas bien pour son image mais qui met en place un système pour pousser à bout certains employés dans le but qu'ils donnent leur démission d'eux-mêmes. Sauf que parfois ce système ne réussit pas comme il voudrait, des gens qui se suicident. Un film basé sur des faits réels, sur notre monde français actuel.


Tom of Finland, de Dome Karukoski. Avec Pekka Strang, Lauri Tilkanen, Jakob Oftebro
Tom est homosexuel à une époque où l'homosexualité est interdite. Il vit une sexualité cachée faite de rencontres furtives dans des parcs où on n'est jamais à l'abri d'une descente de police ou d'être reconnu par un maître chanteur ou un voisin malfaisant. Une description très réaliste de ce long combat vers la liberté qu'a été la vie de beaucoup d'homosexuels. Faire partie d'une minorité est toujours un long combat.


Una mujer fantastica, de Sebastiab Lelio. Avec Daniela Vega, Francisco Reyes, Luis Gnecco
Le combat d'une femme transsexuelle pour faire son deuil à la perte de son ami quand la société refuse d'accepter son couple. Il faut être conscient de la violence gratuite que subissent certaines personnes pour pouvoir simplement vivre.


120 battements, de Robin Campillo. Avec Nahuel Perez Biscayart, Arnaud Valois, Antoine Reinartz, Adèle Haenel
Mettre des images sur cette époque où l'image n'était pas aussi accessible qu'aujourd'hui, c'est un choc émotionnel. Avoir réussi à faire un film avec une trame accessible de la vie chaotique d'une association, en l'occurence Act Up, c'était un sacré pari. Ce film est sans conteste une réussite, un film d'utilité publique. J'ai l'impression que le sida n'est plus aujourd'hui un sujet qui concerne grand monde, comme si tout le monde trouvait acceptable une maladie chronique qui te force à prendre des cachetons toute ta vie. 


Numéro Une, de Tonie Marshall. Avec Emmanuelle Devos, Suzanne Clément, Anne Azoulay, Richard Berry, Benjamin Biolay
Le parcours d'une femme qui doit se battre dans un monde essentiellement masculin où tous les mauvais coups sont permis pour accéder à la présidence d'une grande entreprise du CAC40. Cadre supérieure et membre du comité exécutif de son entreprise, brillante et efficace, on ne lui fait cependant miroiter qu'un avenir professionnel subalterne, parce qu'elle est une femme. 


Marvin, d'Anne Fontaine. Avec Finnegan Oldfield, Vincent Macaigne, Grégory Gadebois, Catherine Mouchet, Charles Berling
L'histoire d'un enfant différent des autres, qui ne sait pas qu'il est homosexuel puisqu'il ne sait pas ce que c'est, mais que ses camarades de classe affublent de cette étiquette stigmatisante. Comment surmonter cette insulte originelle? Comment se construire? Ce film parlera à beaucoup de gens.


Battle of the sexes, de Jonathan Dayton & Valerie Faris. Avec Emma Stone, Steve Carell, Sarah Silverman, Bill Pullman
Ce film est basé sur une histoire vraie, celle du match qui opposa Bobby Riggs, 55 ans, ancien champion à la retraite, à la championne de tennis Billie Jean King le 20 septembre 1973. Le tennis féminin et la cause des femmes étaient en jeu, elle ne pouvait pas refuser. Et, heureusement pour le cours de l'histoire, elle a gagné ce match haut la main. Mais le chemin pour l'égalité est encore long.


Seule la terre, de Francis Lee. Avec Josh O'Connor, Alec Secareanu, Gemma Jones, Ian Hart
C'est l'histoire un peu brute d'un jeune coincé dans une ferme au fin fond de la campagne du Yorkshire dont il doit assurer la survie en oubliant de vivre, en s'oubliant. Certains soirs il fait des virées au pub local où il se saoule et en profite pour enculer à la hâte les petits culs qui se présentent. Evidemment il se nie homosexuel, une relation affective stable n'est absolument pas envisageable, il se contente de se vider dans un cul. Puis un jour...

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