vendredi 24 novembre 2017

Chéries Chéris

Le festival du film Chéries-Chéris, ça a été quatre films pour moi. J'aurais bien aimé en voir plus, mais je me suis trouvé confronté à des séances complètes, il fallait faire des choix. J'ai tout de même réussi à voir quatre films, c'est déjà ça. Deux que j'ai beaucoup aimé, deux que je n'ai pas aimé; est-ce un bon ratio pour un festival de films?

God'Own Country, mon préféré. L'histoire un peu brute d'un jeune coincé dans une ferme au fin fond de la campagne du Yorkshire dont il doit assurer la survie en oubliant de vivre, en s'oubliant. Certains soirs il fait des virées au pub local où il se saoule et en profite pour enculer à la hâte les petits culs qui se présentent. Evidemment il se nie homosexuel. Puis un jour ils engagent un employé pour la période de mise à bas des chèvres, un homme débarque à la ferme, un étranger. Les deux jeunes doivent travailler ensemble, collaborer. Ce n'est pas évident au début, la rudesse du paysage a façonné les hommes à son image, on ne fait pas dans le sentimental, on ne fait pas dans l'introspection existentielle. Mais bon, une relation naît entre ces deux hommes. Jusqu'où ira t-elle? Vous le saurez en regardant le film qui devrait sortir à l'écran.


After Louie, hors compétition, était un film émouvant sur les rapports intergénérationnels et la solitude des gens marqués par les pertes du sida. Ancien activiste à Act Up ayant réussi à passer à travers l'épidémie du sida, Sam est resté bloqué dans le passé, est obsédé par son combat passé d'activiste, est obsédé par la mémoire de Louie dont il conserve les archives pour faire un film qui ne semble pas beaucoup intéresser les gens autour de lui. Dans un bar il rencontre Braeden, qui symbolise le présent, une génération qui n'a pas connu la lutte contre le sida et les batailles d'émancipation des gays, une génération qui peut vivre son homosexualité au grand jour. Il y a un fossé entre ces générations, et ce film pose plein de questions intéressantes sur le dialogue qu'il instaure entre le passé et le présent. Existe t-il encore aujourd'hui une lutte contre le sida? Existe t-il encore un besoin d'émancipation des gays? A t-on oublié le travail des activistes qui ont permis ces avancées? Un film intéressant.

Hearstone était un film islandais un peu lent qui m'a ennuyé malgré quelques moments intéressants et une histoire qui aurait pu me captiver. Mais l'errance de ces deux gamins qui errent dans des cimetières de voitures en tapant sur tout ce qui bouge et casser tout ce qui est cassable pour montrer que ce sont de vrais petits durs m'a vite lassé. L'un des deux garçons découvre qu'il est attiré par l'autre alors que l'autre se pense amoureux d'une autre fille, forcément ça ne peut pas se terminer bien. Les rapports humains sont violents, c'est une société alcoolisée et sexualisée dont la peinture ne me plaisait pas. Un film qui ne m'a pas vraiment captivé.

Beach Rats raconte les errances sexuelles d'un post-adolescent drogué. J'ai trouvé ça sordide et inutile.

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