mercredi 4 mai 2016

Pleine lune

La nuit. La lune, ronde et blanche, qui joue à travers les branches des arbres. Des pas pressés approchent, chuintant dans les feuilles. Ne pas bouger. Ne pas regarder, fixer son regard à terre pour qu’il ne soit pas perçu. Ne pas respirer. Malgré son cœur qui bat la chamade.

Ils cherchent. Mais ne voient rien. Finiront-ils par partir ? Le cri était sauvage, jamais il n’en avait entendu de tel. Il n’aurait même pas su dire si c’était un homme ou une femme qui l’avait poussé. Mais le silence ensuite était encore plus prenant. Comment un tel cri pouvait-il être suivi d’un tel silence ?

Ils continuent à chercher, à regarder. Combien sont-ils ? Quatre ? Cinq ? Leurs pas sont rapides, inquiets. Ils écoutent le silence, scrutent l’obscurité.

Le flottement d’un battement d’ailes passe dans le ciel, les surprend. Ils en rient. D'avoir été aussi surpris d’un simple battement d’ailes. La tension redescend. Le moment pour tenter une échappée ? Ils ne cherchent plus. Ce devait être un écureuil ou un lapin.

Je me redresse un peu, déroule la nuque, tâte le terrain devant moi, et avance une jambe. Pas de réaction. La fuite à quatre pattes sera longue, mais faire autrement est impossible. Un autre tâtonnement, une autre jambe qu’on avance. Là-bas ils parlent entre eux. A voix basse. Seul un murmure haché me parvient.

Alors lentement je me relève, détend mes jambes, à demi-courbé. J’avance. Un pas. Juste un léger chuintement sur les feuilles détrempées. Un deuxième. Puis un troisième. Un quatrième.

«Là !» hurle t-il. «il y a quelqu’un». Foncer. Foncer. Prendre ses jambes à son cou. Je cours, dérapant dans la boue et me rattrapant de mon mieux aux branches et aux troncs. Je glisse, plonge derrière un arbre et me roule en boule. Ne plus bouger maintenant, les laisser partir à ma recherche, puisque maintenant ils savent que je suis là.

Ils arrivent. Je les entends, glissant eux aussi dans les flaques, pestant contre les branches qui les griffent au passage. Ils arrivent, passent, puis s’éloignent. Quand soudain le bruit assourdissant retentit.

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