lundi 2 mai 2016

Final

Je longe une rivière. Un tournant, des ajoncs secs, une brume légère brouille le reflet du soleil dans l'eau. Il fait bon, il ne fait pas encore chaud, un temps idéal. Je regarde ma montre, je compte machinalement dans ma tête, le prochain kilomètre ne devrait plus être loin. Je sors du parc, emprunte une rue bordé d'un haut mur de pierre d'un côté, de petites maisonnettes de l'autre. Dans le jardin des enfants nous regardent passer. Tournant à droite, une autre rue encadrée d'arbres centenaires. Un tournant un peu serré, et un paysage plus urbain, les maisons sont plus blanches, n'ont pas de jardin. Des commerces, des places de parking identifiées, des arbres beaucoup plus jeunes, le centre ville du village. L'arrivée n'est plus très loin, c'est le moment de commencer à accélérer. J'entends un coureur se rapprocher derrière moi, j'augmente ma cadence, hors de question de me laisser doubler si prêt de l'arrivée.

D'ailleurs la voilà l'arrivée, deux cent mètres plus loin, l'arche gonflable qui marque la fin, c'est le moment de tout lâcher. Je monte les genoux, j'étends ma foulée, j'accélère la cadence, je respire plus vite. Les mains aussi m'accompagnent, les doigts sont tendus, les bras accompagnent les jambes,le torse se tord dans l'effort, c'est le sprint final. On lâche tout, on ne retient plus rien, les yeux rivés sur l'arche finale, le corps entier activé vers le même but.

Puis on y est, on stoppe le chrono de sa montre, on ralenti brusquement, on s'arrête. Tout retombe, les jambes sont molles, les bras ballants, la respiration hachée. On s'immobilise pour reprendre sa respiration, au bord de l'évanouissement, on réalise le t-shirt trempé de sueur, on marche un peu pour se dégourdir les jambes en se dirigeant vers le ravitaillement pour boire une gorgée d'eau. Voilà, une autre course courue. A quand la prochaine?

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